Sympathy for Delicious
Réalisé par Mark Ruffalo (2013)
| Durée | 101 minutes |
| Sortie | 08/05/2013 |
| Note | 5/10 |
Jadis un DJ à l’avenir prometteur, Dean s’est retrouvé tout en bas de l’échelle sociale depuis qu’il est paraplégique. Il vit dans sa voiture parmi les clochards de Los Angeles, avec le père Joe comme seul soutien moral. Après avoir assisté à une réunion spirituelle et sans pour autant avoir été guéri lui-même par l’intervention du saint esprit, Dean est comme par miracle capable de soigner les infirmes de son quartier. Célébré tel un messie, il devient rapidement l’attraction principale de Skid Row, où le père Joe organise toute une foire de guérisons en échange d’une contribution pour le centre de sans-abri qu’il compte construire. Profondément perturbé par ces sollicitations incessantes, Dean préfère monnayer son don divin par le biais du groupe musical rock de The Stain et Ariel.
La critique
Par Tootpadu 24/04/2013
Pour Mark Ruffalo, réaliser Sympathy for Delicious a été un travail de longue haleine, qui a de surcroît mis un temps considérable avant d’atterrir sur les écrans français. Nous ne voulons nullement douter des bonnes intentions qui étaient à son origine, comme l’opportunité d’offrir à Christopher Thornton, réellement paraplégique suite à un accident d’escalade, le premier rôle d’un film qui ne s’apitoie guère sur son sort. En théorie, le regard sans concession sur le besoin pressant de la société américaine de tout transformer en spectacle aurait pu nous intriguer, et la descente aux enfers de la pauvreté, que le cinéma hollywoodien s’efforce de bannir du cadre, aurait dû nous révolter. Mais le style assez clinquant de la mise en scène nous fait au contraire regretter que la narration reste à la surface d’un sujet qu’un film comme Elmer Gantry Le Charlatan de Richard Brooks avait su traiter sur un ton au vitriol infiniment plus incisif.
Beaucoup de bonnes intentions et très peu de prouesses cinématographiques sont donc à noter dans ce premier film, qui devrait probablement rester l’unique de son réalisateur débutant, de toute façon trop réclamé devant la caméra pour suivre la voie de Ben Affleck. Parmi la distribution hétéroclite, seule Juliette Lewis arrive à peu près à tirer son épingle du jeu, dans le rôle d’une sorte de bonne fée défoncée, remportée trop tôt par le scénario inégal pour faire reconnaître à temps ses erreurs au protagoniste.
Vu le 23 avril 2013, au Club Marbeuf, en VO