Gamins (Les)
Réalisé par Anthony Marciano (2013)
| Durée | 98 minutes |
| Sortie | 17/04/2013 |
| Note | 7/10 |
A première vue, Thomas, un musicien idéaliste et irresponsable qui gagne tant bien que mal sa vie en jouant aux mariages, et Lola, qui travaille pour les Nations Unies, n’étaient pas faits l’un pour l’autre. Après quelques mois d’une relation fusionnelle, elle a néanmoins accepté de l’épouser. Avant le grand jour, Thomas devra faire la connaissance de ses futurs beaux-parents : Suzanne qui ne vit que pour ses projets humanitaires au Burkina Faso et Gilbert, en pleine crise de la cinquantaine depuis qu’il a vendu sa société. D’abord, le courant ne passe pas entre les deux hommes. Mais la découverte de leur adoration partagée pour la musique d’Iggy Pop est le point de départ d’une amitié, qui leur ouvrira les yeux sur le piège que représente pour chacun d’entre eux le mariage.
Les critiques
Par Mulder 21/04/2013
Très rares sont les comédies françaises s’imposant dès leurs premières visions comme des réussites exemplaires. Cela faisait très longtemps que nous n’avions pu rire autant et surtout être frappé par une vision si réaliste de nos conflits générationnels. Loin de la geek attitude si présente dans les films américains dont Judd Apatow est le fer de lance, ce film est le film jubilatoire par excellence dont certaines scènes sont vouées à devenir culte.
Max Boublil et son fidèle comparse Anthony Marciano ont ainsi signé leur premier scénario ensemble et semblent l’avoir écrit spécialement pour leur modèle d’inspiration Alain Chabat. Ce film est ainsi le premier du comparse de Max Boublil et on sent qu’il a apporté un soin particulier à sa mise en scène. Max Boublil s’est mpliqué autant dans son scénario que dans son jeu d’acteur et l’interactivité avec les autres comédiens (Alain Chabat, Sandrine Kiberlain et Mélanie Bernier). Leur film dresse donc le portrait d’un cinquantenaire, Gilbert, ayant vendu sa société et s’ennuyant ferme, semblant cloué à son canapé pour regarder Derrick et autres émissions en rediffusion (spéciale dédicace à un être cher) semble retrouver son âme d’enfant lorsque sa fille lui présente lors d’un repas son futur gendre Thomas. Le film loin d’être une succession de scènes montrant comment un cinquantenaire peut s’éclater en dépensant sans compter (night club, achats inutiles, voyage.) s’oriente plutôt vers une étude sociologue pleine d’ironie sur les différences pouvant exister entre deux générations. En effet, Thomas semble largement dépassé par les excès de son beau-père. Même la femme de Gilbert et la fille ne semblent plus comprendre l’attitude de celui-ci.
Le film est donc une satire sociale et fondatrice de notre époque. Entre des enfants ayant perdu confiance en eux, des parents voulant changer le monde (y compris en Afrique), le film dès son départ est une virée très réussie dans notre époque actuelle. Anthony Marciano qui est l’un des fondateurs de My Major Company et mis en scène certains spectacle de Max Boublil n’oublie pas régler ses comptes aussi avec l’industrie musicale et ces compagnies prêtent à créer des artistes de toute pièce répondant uniquement à la demande du public. On reconnait ainsi dans ce film le même humour irrésistible que dans les chansons co-écrites par Max Boublil et Anthony Marciano tel que « Ce soir tu vas prendre » et « T’es bonne ». Le film est d’autant plus réussi que chaque personnage est traité en profondeur et interprété par des comédiens en pleine possession de leurs moyens.
Il y a différents niveaux de lecture dans cette œuvre. Celle-ci est certes plus orientée vers un public adulte plus sensible à la réflexion mais peut aussi plaire à un public adolescent. Un tel film français est une réussite totale car il est sans aucune concession et donne envie de reprendre goût à s’éclater malgré une crise économique persistante et un monde qui a perdu ses repères. Une scène enfin sort du film réellement et concerne la scène de traduction en live lors d’un colloque donné à l’UNESCO. Cette scène est l’une des meilleures vues dans un film français depuis très longtemps. Il en résulte que les comédies françaises peuvent concurrencées celles américaines sur leur propre terrain.
Vu le 17 avril 2013 au Gaumont Champs-Elysées Marignan, Salle 5
Par Tootpadu 22/03/2013
Après un début qui ne paie pas de mine, avec ce coup de foudre qui mène presque directement devant l’autel, et jusqu’à la conclusion un brin trop conformiste, la narration s’amuse avec une légèreté inhabituelle dans le domaine de la comédie française à détourner les stéréotypes d’un genre, dont le cinéma américain est notamment friand. A la différence cruciale près que l’antagonisme entre les générations ne prend pas ici la même direction que dans la saga des Mon beau-père … de Jay Roach et Paul Weitz. L’humour vulgaire a beau être de rigueur dans les deux univers, puisqu’on éjacule malencontreusement dans ce film et qu’on se rase les bourses, mais cette épreuve des limites du bon goût se fait toujours dans l’optique d’une déconnade joyeuse.
La dimension fictive de l’intrigue est préservée à tout moment. S’amuser sans compter est en effet un luxe qui n’est pas donné à tout le monde. Le plaisir par procuration de faire au moins une fois tout ce que les conventions sociales interdisent reste cependant intact, grâce à un ton si joliment iconoclaste qu’il renoue avec la grande époque d’Alain Chabat – cette fois-ci seulement acteur –, tout en donnant sa chance à un nouveau venu, Max Boublil, qui vaut largement mieux que d’être pris pour le sosie d’Eric Elmosnino.
Vu le 19 mars 2013, au Gaumont Ambassade, Salle 4