Monde fantastique d'Oz (Le)
Réalisé par Sam Raimi (2013)
| Durée | 130 minutes |
| Sortie | 13/03/2013 |
| Note | 7/10 |
Oscar Diggs se voudrait un croisement entre Harry Houdini et Thomas Edison. En réalité, il n’est qu’un charlatan égoïste et volage, exerçant sans grande conviction son métier de magicien dans un cirque, qui a une fois de plus fait escale dans un coin poussiéreux du Kansas. Pris au piège de ses mœurs peu recommandables, il devra s’enfuir à bord d’une montgolfière, qui ne tarde pas à être aspirée dans le tourbillon virevoltant d’une tornade. Craignant une mort imminente, Oscar promet de devenir un meilleur homme s’il s’en sortait vivant. Il se retrouve alors dans le royaume enchanté d’Oz, où les sorcières Theodora et Evanora lui font un accueil triomphal. Elles voient en lui l’homme prodige qui, selon une prophétie ancienne, libérera le pays de la méchante sorcière Glinda.
Les critiques
Par Mulder 11/03/2013
En dix-sept films, le parcours de Sam Raimi a bien des ressemblances avec celui de Peter Jackson, mais rien ne semblait l’amener à apporter sa pierre fondatrice à l’Empire Disney. Pourtant, à bien analyser, par le rachat de Marvel Entertainment par la Walt Disney Company fin 2009, les routes de Sam Raimi et de la souris Mickey devaient bien se croiser un jour. En montrant qu’il était capable d’adapter sur grand écran le mythique Spider-man, il avait acquis un public suffisamment large pour diriger un grand film fantastique Disney. En termes de réalisation, Sam Raimi a su imposer son propre style par des mouvements d’axe de caméra spectaculaires. Il suffit de revoir le premier Evil Dead et Jusqu’en enfer pour s'en convaincre.
Ce film ne peut pas uniquement être vu comme une préquelle au film de 1939 de Victor Fleming, Le Magicien d’Oz. Certes, l’histoire ici contée n’apparaît pas dans le livre de L. Frank Baum car elle retrace l’arrivée du magicien dans le monde de Oz, mais cela serait privilégier le contenu à la forme. Sam Raimi continue donc à nous étonner, car il garde non seulement sa passion pour le cinéma de genre (d’horreur) intacte (jusqu’en enfer) et surtout continue à donner un rôle à son fidèle et loyal acteur Bruce Campbell, mais accepte aussi comme le montre ce film la demande de grands studios à réaliser des films tous publics, mais en y apportant sa propre vision. Ce n’est donc pas un hasard si le personnage de Theodora transformée en sorcière ressemble énormément à un démon issu de l’univers de Evil Dead. Son film lui permet de rendre aussi hommage à la magie du Septième art et plus précisément à ses « magiciens » des effets spéciaux, qui sont capables de créer des mondes imaginaires dont le monde de Oz est une des plus belles réussites. Oscar Diggs, le magicien (interprété brillamment par James Franco) issu du monde passé de la magie (fête foraine, utilisation de cordons invisibles) se retrouve donc propulsé dans son monde lugubre (sublimé par un noir et blanc crépusculaire) vers un monde très coloré et gigantesque. Sam Raimi joue ainsi sur la taille de l’écran utilisée pour renforcer cet effet. L’utilisation de la 3D est quasi parfaite renforce la magie de ce film et du monde de Oz.
Tim Burton en réalisant le film Alice au pays des merveilles signait son plus gros succès en salle dans le monde et permit au studio Disney de dépasser le milliard de dollars de recettes mondiales. Le film de Sam Raimi semble bien parti pour suivre le même chemin.
Vu le 22 février 2013, au Pathé Wepler, Salle 1, en VO
Par Tootpadu 07/03/2013
Le nouveau film de Sam Raimi est néanmoins une réussite incontestée, qui arrive surtout à convaincre là où Alice au pays des merveilles de Tim Burton avait lamentablement échoué : à concocter un conte familial, beau et enchanteur, qui se montre digne de ses origines, au lieu de les noyer dans une marée d’effets spéciaux plus laids les uns que les autres. Le plus grand plaisir ressenti en regardant Le Monde fantastique d’Oz est procuré par sa capacité d’éviter les faux pas, comme les affrontements grandiloquents et interminables, tout en restant fidèle au ton de l’original, qui sait charmer les spectateurs, jeunes et moins jeunes, depuis près de 75 ans. Nous ne nous aventurons pas à prédire une si belle pérennité à ce film-ci. Mais en tant que divertissement solide et astucieux, il remplit parfaitement son contrat, loin des poncifs faussement rassurants qui accablent souvent les productions Disney.
Enfin, si le lien avec l’univers de Tim Burton est maintenu grâce à la bande originale de Danny Elfman, James Franco dans le rôle principal peut être considéré comme un formidable anti-Johnny Depp. En dehors de l’admiration que nous vouons à l’acteur pour la multiplicité de ses casquettes, entre cette production à gros budget et un film indépendant comme Spring breakers sorti la semaine précédente, voire son exploration de la sphère gaie à travers des films expérimentaux réservés à un public averti, il incarne ici un personnage qui convient parfaitement à son image publique : fanfaron et charmeur, mais en même temps creux et calculateur, cet Oscar Diggs est un homme tout à fait dans l’air de notre temps. Un aspect de plus à nous convaincre de la qualité indéniable de ce film, rondement mené par la mise en scène de Sam Raimi, moins ostentatoire que d’habitude.
Vu le 6 mars 2013, au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO