Die Hard Belle journée pour mourir

Réalisé par John Moore (2013)

Action
Die Hard Belle journée pour mourir
Durée 98 minutes
Sortie 20/02/2013
Note 6/10

Sans nouvelles de son fils adulte Jack depuis des années, John McClane retrouve sa trace grâce à un tuyau d’un collègue du FBI. Jack est incarcéré à Moscou pour meurtre et doit comparaître bientôt devant la cour, en même temps que l’ancien milliardaire et scientifique Komarov, l’ennemi juré du ministre de la défense désigné Chagarin. McClane se rend alors en Russie, dans l’espoir de pouvoir aider son fils. Mais sur place, rien ne se passe comme prévu et le célèbre flic sans état d’âme devra prêter main forte à Jack, au lieu de le sermonner.

Les critiques

Par Mulder 08/07/2013

"Yipikai mother fucker" pourrait être la phrase qui résume l'esprit d'une des plus réussies sagas d'action cinématographique et l'épitaphe sur la tombe d'un des actionnaires mondialement connu. Rajouter un nouveau chapitre à une saga culte pour de nombreuses raisons peut s'apparenter à un challenge insurmontable. Malgré un succès colossal, le dernier opus Indiana Jones a signé la fin de la série en y introduisant le fils du personnage principal, afin de gagner un plus large public. L'idée de montrer que le poids des années n'épargne pas nos héros mais les fragilise n'est pas des meilleures. Cette notion de vieillesse semble inquiéter pourtant les grands studios pour qu'ils décident de donner un second souffle à nos personnages en leur imposant leurs enfants comme dignes successeurs. Ce concept semble ainsi n'être pas la meilleure idée pour relancer une saga vieillissante.

Il y a maintenant vingt-cinq années, le public découvrait le personnage de John McClane un simple lieutenant de police capable de se surpasser pour devenir le meilleur représentant de la force. Une tour de Los Angeles, l'aéroport de Dulles, la ville de New York, les environs de Washington furent les terrains de jeu des quatre précédents opus de cette saga. Dans la plupart des cas, sous armé, le policier intrépide devait toujours ne compter que sur son instinct de survie, son sens de l'humour ultra-raffiné et incorrect pour venir à bout de terroristes. Le nouvel opus, présenté la semaine dernière à la presse, a déchaîné de nombreuses critiques. Pourtant ayant vu les précédents films un nombre incalculable de fois, je dois reconnaître que ce film est réussi, même si le suspense n’est pas aussi important que dans les films précédents et la succession de nombreuses scènes d'action en fait un morceau de choix. Il faut donc prendre ce film non pas comme une suite directe aux précédents, mais comme un divertissement très réussi, mettant en scène les vacances de notre agent dans la ville la plus peuplée d'Europe. La nouvelle formule plus courte, plus expéditive, a pour objectif principal de montrer une surenchère la plus débridée dans des scènes d'action hallucinantes.

Aussi bien sur terre que dans les airs, rien ne semble résister à cet agent de l'ordre, prêt à éliminer avec l’aide de son fils une bonne partie de la mafia russe. Le film est donc le premier à faire intervenir notre héros hors du territoire américain. Certes, on pourra reprocher ici le choix d'un scénario peu riche en rebondissements et la présence d'un réalisateur qui n'a pas encore marqué nos mémoires par ses précédents films : Max Payne et La Malédiction. Reste le plaisir de retrouver un excellent acteur, aussi à l'aise dans un film d'action que dans un film de science-fiction et surtout capable de s'investir dans de petites productions.

Le succès en salles de ce nouvel opus permettra de retrouver Bruce Willis prochainement, dans un sixième film qu’on espère mieux écrit et plus long d'une bonne trentaine de minutes.

Vu le 12 février 2013, au Club de l'Etoile, en VO

Revu le 08 juillet 2013 en Blu-ray en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

Par Tootpadu 17/02/2013

A un moment dans ce film d’action honnête mais guère exceptionnel, le méchant caricatural, qui a su mettre McClane et son fiston en mauvaise posture, proclame qu’on n’est plus dans les années 1980 et l’ère de Ronald Reagan, l’invincible. Cette affirmation est bien sûr vraie, d’un point de vue historique, mais elle révèle surtout le souci majeur de cette quatrième suite de Piège de cristal de John McTiernan, qui, lui, était tout à fait tributaire de l’état d’esprit de cette décennie-là : un quart de siècle plus tard, le cinéma d’action a sensiblement évolué et là où les recettes éprouvées du thriller suffisaient autrefois pour tenir le public en haleine, il faut désormais une touche plus astucieuse pour se démarquer des séries B et autres copies éhontées qui pullulent désormais sur le marché. Hélas, Die Hard Belle journée pour mourir est plus proche de l’éthique expéditive de l’univers de Taken que de celui de Jason Bourne. Si nous ne boudons donc pas notre plaisir face à tant de tôle froissée et de cascades époustouflantes, notre cerveau est sérieusement agacé par une intrigue qui ressuscite les vieux fantômes de l’ennemi héréditaire russe.
John McClane se trouve une fois de plus au mauvais endroit au mauvais moment. Cette prémisse aussi basique que pérenne est ici le prétexte pour une surcharge de clichés sur un Américain à l’étranger, qui ne maîtrise évidemment pas la langue locale et qui doit supporter un massacre musical en règle du plus américain des chanteurs, Frank Sinatra. Ces banalités de l’introduction laissent rapidement la place à une course poursuite à l’ancienne, c’est-à-dire avec des effets spéciaux plutôt discrets et une traînée de dégâts matériels que les héros plus discrets des temps modernes auraient horreur de laisser derrière eux. Comme d’habitude, John McClane ne fait pas dans la dentelle : il tire à tout va et son sixième sens prodigieux de flairer le danger ne le fait point fuir mais foncer tête baissée dans la fusillade la plus spectaculaire. Ainsi, le récit est essentiellement ponctué de scènes d’action solides, qui nous feraient presque regretter le temps où les problèmes de ce monde pouvaient être réglés – en tout cas au cinéma – avec les poings et non pas avec les gadgets impersonnels de notre époque sous le règne du numérique et du virtuel. Le scénario en lui-même est par contre toujours aussi avare en psychologie fine et en revirements logiques.
Aucune série de films – ou presque, à l’exception notable des James Bond – a su préserver la vigueur et l’originalité de sa recette originale au-delà d’une ou deux répétitions, ni les Terminator, ni les Predator et Alien, et encore moins les Resident Evil qui étaient d’emblée conçus comme une série interminable à la qualité plus que discutable. Exiger de cette suite modeste d’atteindre le même niveau que ses illustres prédécesseurs serait par conséquent tout à fait illusoire. Elle dispose au moins de l’intégrité d’annoncer très tôt la couleur, peut-être même dès cette date de sortie hivernale qui correspond sur le marché américain à la période creuse de l’année et cette affiche si banale qu’elle juge bon de dissiper le doute sur le format de sortie du film. Car John McClane n’est pas encore tombé si bas que ses nouvelles aventures sortiraient directement en vidéo. Avec un réalisateur aussi médiocre que John Moore aux commandes, il risque cependant de prendre tôt ou tard cette direction des monstres sacrés, dévorés par leur propre mercantilisme.

Vu le 12 février 2013, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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