Vraie vie des profs (La)
Réalisé par Albert Pereira-Lazaro, Emmanuel Klotz (2013)
| Durée | 101 minutes |
| Sortie | 20/02/2013 |
| Note | 4/10 |
Après avoir profané la statue d’Emile Zola dans la cour de leur collège à Marseille, Albert et Jean-Mohamed, deux jeunes de 5ème, doivent intégrer en guise de punition la rédaction du journal des élèves, sous la direction de la belle prof de français, Mme Oufkir. Mais ces deux lascars n’entendent pas se laisser faire. Au lieu de bûcher sur des articles édifiants, Albert a une idée de génie : fonder un site sur lequel la vie privée des profs serait étalée au grand jour. Pour décrocher les révélations les plus savoureuses, il va même jusqu’à passer au peigne fin les poubelles du personnel enseignant.
La critique
Par Tootpadu 07/02/2013
Derrière ses grands airs de film d’espionnage pour enfants et de traitement opportuniste du sujet très à la mode depuis l’avènement de l’ère numérique du respect de la sphère privée, La Vraie vie des profs n’est qu’une farce assez pénible, qui colporte les clichés au lieu de les sonder intelligemment. Longtemps avant que le récit laborieux n’arrive au pire des poncifs, le prof très croyant et très coincé qui éprouve beaucoup de mal à assumer son homosexualité, l’échange entre les générations, qui aurait raisonnablement pu être un effet secondaire positif de toute cette agitation fatigante, est arrivé au point mort. Tandis que les adultes y sont décrits sans exception comme des hystériques aigris, les adolescents traversent essentiellement les mêmes crises pubères que leurs prédécesseurs, aux jouets électroniques et à l’affection débordante pour tout ce que les Etats-Unis ont imaginé de plus bête près.
Même la bonne humeur fait défaut à cette prétendue comédie, qui ne nous a pas fait rire une seule fois. Entre le scénario anémique et une mise en scène transparente, il n’y a en effet pas grand-chose à tirer de ces gamineries filmiques sans saveur, ni pour un public adulte, ni pour des spectateurs plus jeunes. Ceux-ci auraient dû être interpellés les premiers par le propos en fin de compte fade et inoffensif d’un film, qui se veut dans l’air du temps, mais qui ne perpétue de notre civilisation actuelle que les aspects les plus superficiels.
Vu le 7 février 2013, à la Salle Pathé François 1er