Hauts de Hurlevent (Les)

Réalisé par Andrea Arnold (2012)

Drame romantique
Hauts de Hurlevent (Les)
Durée 129 minutes
Sortie 05/12/2012
Note 5/10

A la fin du XVIIIème siècle, en Angleterre, M. Earnshaw ramène un jeune garçon métisse de son voyage à Liverpool. Il l’accueille dans sa petite ferme comme son fils, au chagrin de Hindley, son descendant biologique, et à la joie de Catherine, sa fille à l’esprit aussi vagabond et sauvage que celui du nouveau membre de la famille, à qui l’on donne le nom de Heathcliff. Souvent, les deux adolescents parcourent le paysage, au grand dam de Hindley qui voudrait remettre l’intrus à sa place, parmi les servants. Quand Earnshaw meurt, son fils hérite de la ferme et maltraite de plus en plus Heathcliff. Catherine, qui voue toujours un amour secret à ce dernier, décide d’épouser le riche héritier Edgar.

La critique

Par Tootpadu 02/01/2013

La réalisatrice Andrea Arnold n’est pas la première, de loin, à s’attaquer à l’adaptation de l’épopée romantique d’Emily Brontë. Cette œuvre phare de la littérature anglaise trouve même son chemin sur les écrans au moins une fois toutes les dix à vingt ans, ayant déjà inspiré des réalisateurs aussi divers que William Wyler, Luis Buñuel, et Jacques Rivette, et fourni les rôles principaux à un échantillon d’acteurs très large qui va de Laurence Olivier à Juliette Binoche, en passant par Timothy Dalton. Il doit bien y avoir quelque chose dans cette histoire d’amour tortueuse qui interpelle périodiquement le cinéma, bien que ces adaptations successives se heurtent invariablement à l’échelle temporelle vaste et à l’ambiguïté de personnages guère trempés dans l’eau de rose.
Ce Hauts de Hurlevent-ci se démarque par une volonté manifeste de pousser simultanément l’aspect romantique de l’histoire et son côté naturaliste dans leurs derniers retranchements. Les symboles du règne animal ou végétal n’y manquent pas pour nous signifier sans équivoque où en est la relation complexe entre Catherine et Heathcliff à un moment donné. Cette insistance assez pesante se reflète également dans l’adoption d’une subjectivité fluctuante, qui adopte parfois le point de vue du héros ténébreux. Elle prend surtout le format carré de l’image – une fois de plus adopté par la réalisatrice – comme prétexte pour coller au plus près des personnages, instaurant de la sorte un climat suffocant qu’il devient difficile de supporter pendant plus de deux heures.
Néanmoins, la nature épurée de la bande son, qui se passe aisément de musique et limite les répliques au strict minimum, ainsi que la bestialité à peine voilée qui caractérise la relation centrale et toutes ses réverbérations malheureuses, garantissent une force de fascination relative que le troisième film de Andrea Arnold ne sait hélas pas maintenir constamment. Enfin, si le passage de l’adolescence à l’âge adulte au bout d’une heure se passe plutôt bien du côté masculin, puisque James Howson est tout à fait capable de préserver un peu de l’innocence sauvage de Solomon Glave, il nous paraît déjà plus discutable chez les femmes, à cause de l’embellissement excessif de Shannon Beer à Kaya Scodelario, là où un physique moins raffiné aurait sans doute accentué le fond désespéré de ce classique romantique sans fin heureuse.

Vu le 1er janvier 2013, au Reflet Médicis, Salle 2, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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