Vil romance
Réalisé par José Celestino Campusano (2009)
Interdit aux moins de 12 ans, Drame romantique
| Durée | 110 minutes |
| Sortie | 25/11/2009 |
| Note | 5/10 |
Roberto est un jeune gay désoeuvré, qui vit avec sa mère et sa soeur dans la banlieue défavorisée de Buenos Aires. Un jour, il rencontre dans la rue Raul, un homme plus âgé que lui, qui l'invite chez lui. Même si Roberto désapprouve des rapports sexuels violents que Raul lui impose, il emménage chez lui, dans l'espoir d'avoir trouvé un chez soi et un copain sur qui il peut compter.
La critique
Par Tootpadu 13/10/2009
Des films à l'état d'esprit et à la facture indépendants comme celui-ci, on n'en voit malheureusement plus trop de nos jours. Même le cinéma gay - ou la peau de chagrin qui en reste - s'est suffisamment conformé aux standards d'un cinéma économiquement indépendant, qui perpétue finalement juste la tradition formelle et narrative des films, que les studios ont délaissés puisqu'ils ne rapportent plus assez d'argent. Les rares films qui ne cherchent point à singer le moule prépondérant sont le plus souvent exclus du marché et se retrouvent dans les niches passablement confortables d'une économie du film en pleine évolution. Même si Vil romance est très loin d'être un film parfait, il est tout de même appréciable de pouvoir le découvrir au sein d'une programmation proposée par les distributeurs français, qui met la diversité de l'offre avant sa fiabilité commerciale.
La complexité des sentiments, qui régissent la relation entre Roberto et Raul, ne trouve malheureusement pas d'écho dans la mise en scène de ce film argentin. Le récit est dans un état de flottement temporel constant, qui brouille sensiblement sa structure narrative. Ce manque de repères dans le temps peut certes être compris comme un symbole des incertitudes de Roberto, qui ne fait essentiellement que tuer le temps pendant tout le film. Mais on y soupçonne davantage un certain laisser-aller de la part du réalisateur José Campusano, qui ne se préoccupe guère de cet aspect de son film.
Le volet social de Vil romance est déjà plus saisissant. Dans un environnement social plutôt misérable, les personnages ne s'apitoient pas sur leur sort. Bien que leur pauvreté apparente les fige dans une sorte d'apathie existentielle, ils n'aspirent pas pour autant à l'aisance matérielle, qui leur est au demeurant tout à fait inaccessible. Roberto rêve plutôt d'une relation sentimentale et sexuelle épanouissante, qu'il croit possible avec Raul. Que ses utopies se brisent dans un bain de sang, qui fait là encore référence à un autre versant du cinéma indépendant, n'est plus que la confirmation de sa condamnation au malheur, autant par son orientation sexuelle et ses origines très modestes, que par sa naïveté qui ne sait pas déceler d'emblée les signes avant-coureurs d'une défaite sentimentale inéluctable.
L'affiche française du film, ainsi que son interdiction aux spectateurs de moins de douze ans, nous ont fait craindre une orgie de scènes de soumission bestiale et de pratiques SM, qui ne trouvent guère notre approbation. Finalement, la partie adulte du film se limite à trois scènes érotiques pas plus choquantes que cela. C'est plutôt le ton général du film, tout comme la volonté de Roberto de se soumettre à une relation pas forcément basée sur le respect, qui justifieraient une telle mise en garde.
La complexité des sentiments, qui régissent la relation entre Roberto et Raul, ne trouve malheureusement pas d'écho dans la mise en scène de ce film argentin. Le récit est dans un état de flottement temporel constant, qui brouille sensiblement sa structure narrative. Ce manque de repères dans le temps peut certes être compris comme un symbole des incertitudes de Roberto, qui ne fait essentiellement que tuer le temps pendant tout le film. Mais on y soupçonne davantage un certain laisser-aller de la part du réalisateur José Campusano, qui ne se préoccupe guère de cet aspect de son film.
Le volet social de Vil romance est déjà plus saisissant. Dans un environnement social plutôt misérable, les personnages ne s'apitoient pas sur leur sort. Bien que leur pauvreté apparente les fige dans une sorte d'apathie existentielle, ils n'aspirent pas pour autant à l'aisance matérielle, qui leur est au demeurant tout à fait inaccessible. Roberto rêve plutôt d'une relation sentimentale et sexuelle épanouissante, qu'il croit possible avec Raul. Que ses utopies se brisent dans un bain de sang, qui fait là encore référence à un autre versant du cinéma indépendant, n'est plus que la confirmation de sa condamnation au malheur, autant par son orientation sexuelle et ses origines très modestes, que par sa naïveté qui ne sait pas déceler d'emblée les signes avant-coureurs d'une défaite sentimentale inéluctable.
L'affiche française du film, ainsi que son interdiction aux spectateurs de moins de douze ans, nous ont fait craindre une orgie de scènes de soumission bestiale et de pratiques SM, qui ne trouvent guère notre approbation. Finalement, la partie adulte du film se limite à trois scènes érotiques pas plus choquantes que cela. C'est plutôt le ton général du film, tout comme la volonté de Roberto de se soumettre à une relation pas forcément basée sur le respect, qui justifieraient une telle mise en garde.
Vu le 12 octobre 2009, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10