Changement au village

Réalisé par Lester James Peries (2009)

Drame romantique
Changement au village
Durée 110 minutes
Sortie 06/05/2009
Note 6/10

Le jeune professeur d'anglais Piyal est amoureux de son élève Nanda, la fille cadette d'un riche commerçant. Il la demande en mariage, mais ses parents préfèrent lui chercher un époux plus proche de leur propre statut social que le petit-fils d'un simple livreur qu'est Piyal. Dépité, ce dernier s'installe à Colombo et y fait fortune, tandis que Nanda se marie avec l'homme choisi par ses parents, Jinadasa.

La critique

Par Tootpadu 29/04/2009

Dépaysement garanti avec ce film sri lankais de 1965, le troisième de son réalisateur désormais nonagénaire Lester James Peries. Changement au village permet en effet de changer de pays et d'époque, et par conséquent de style filmique, pour une incursion fascinante dans une cinématographie nationale méconnue. Les différentes manifestations culturelles y rythment autant le récit que le parcours tortueux d'un amour entravé par des impératifs sociaux. La portée romantique du film dépasse les frontières et nous confronte à un dilemme sentimental universel, dont la subtilité du traitement, sans déclaration passionnelle et tout en demi-teintes, nous rappelle curieusement le ton poétique d'Une partie de campagne de Jean Renoir.
La répression des sentiments est exprimée d'une façon particulièrement délicate par une mise en scène, qui orchestre avec la même adresse le tumulte des coeurs et la structure narrative digne d'une saga familiale. Au lieu de faire l'apologie d'un romantisme à l'eau de rose, Lester James Peries sonde les doutes et l'ambivalence des pulsions avec un humanisme remarquable. Longtemps avant que leur réunion officielle ne soit possible, Nanda et Piyal entretiennent une relation trouble, marquée autant par la timidité que par le caractère confus de leurs sentiments. Dans ce contexte ambigu, la résignation de Piyal est aussi fascinante que l'attitude plus réservée de Nanda. Les deux amoureux se tournent autour dans un éternel mouvement d'hésitation, dont les contraintes sociales ne sont que la partie visible de l'iceberg.
Le trait du réalisateur est aussi fin, mais assuré, dans l'évocation d'un environnement social, que l'on devine plutôt commun à l'époque. Là non plus, rien n'est acquis, puisque le cycle de la vie redistribue les richesses et le bonheur dans un mouvement joliment organique. Les années se succèdent ainsi à un rythme presque imperceptible, laissant progressivement apparaître les signes parfois cruels du passage du temps.

Vu le 27 avril 2009, à la Salle Pathé Lincoln, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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