Alex Cross

Réalisé par Rob Cohen (2012)

Policier, Interdit aux moins de 12 ans
Alex Cross
Durée 102 minutes
Sortie 19/12/2012
Note 4/10

Alex Cross est l’un des meilleurs enquêteurs de la police de Detroit. Armé d’un doctorat en psychologie et d’un don d’observation hors pair, il vient d’appréhender un violeur en série. Alors que sa femme attend leur troisième enfant et que le FBI lui offre un travail plus confortable à Washington, Cross est chargé d’enquêter avec son équipe sur un quadruple meurtre avec torture dans les quartiers huppés de la ville. L’inspecteur établit rapidement le lien entre le crime et le riche homme d’affaires français Léon Mercier, qui pourrait bien être la prochaine cible du tueur sadique.

La critique

Par Tootpadu 01/01/2013

Le réalisateur Tyler Perry est le genre de phénomène typiquement américain dont on est finalement soulagé qu’il n’a pas percé en dehors de son ghetto afro-américain. Même si aucun de ses films n’est à ce jour sorti en salles en France, on se les imagine facilement comme des comédies vulgaires et opportunistes, à l’opposé de la démarche plus sophistiquée d’un Lucien Jean-Baptiste qui tente avec chaque nouveau film d’amenuiser le grand écart culturel entre les Antilles et la Métropole. La finesse n’est visiblement pas le fort du réalisateur Perry, qui se complaît à exacerber à outrance les pires caricatures de sa classe sociale, tout en engrangeant les profits colossaux générés par ces spectacles rétrogrades. Il n’arrive pas à nous convaincre davantage avec son premier rôle important loin de son univers habituel, puisque la reprise du personnage incarné auparavant par un Morgan Freeman plein de dignité et de recul analytique dans Le Collectionneur et Le Masque de l’araignée échoue assez misérablement entre les mains du tâcheron Rob Cohen.
Au lieu d’être le pendant américain des enquêtes farfelues de Sherlock Holmes ou au moins un thriller vigoureux plein de suspense, Alex Cross est une débâcle filmique sans appel, qui enchaîne sans la moindre retenue les maladresses narratives. A aucun moment, nous ne nous sentons réellement impliqués dans le travail méticuleux de l’inspecteur, dont les avancées abruptes paraissent plus comme des facilités paresseuses de la part du scénario fort bancal que de véritables coups de génie. A partir de cette faiblesse manifeste du ton et du rythme, les vagues interrogations morales quant au bien-fondé de l’action de justicier dans laquelle Cross s’embarque visiblement sans conviction sonnent comme le prétexte veule à quelques entourloupettes sans conséquences à la loi.
Pas assez mauvais pour être réellement divertissant, le onzième film de Rob Cohen se rattrape néanmoins tant soit peu par ses décors urbains tristement récupérés, tels l’église qui devient une salle de pugilat ou la vieille salle de cinéma transformée en parking, ainsi que par une représentation passablement rigoureuse des deux extrémités du spectre moral, en la personne de Matthew Fox en tueur cinglé et de Cicely Tyson en grand-mère intransigeante.

Vu le 1er janvier 2013, au MK2 Bibliothèque, Salle 10, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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