Yossi
Réalisé par Eytan Fox (2013)
| Durée | 84 minutes |
| Sortie | 02/01/2013 |
| Note | 6/10 |
Yossi Guttman, la trentaine, est un des meilleurs cardiologues d’une clinique à Tel Aviv. Puisqu’il lui est impossible de faire le deuil de son copain Jagger qu’il avait connu pendant son service militaire, il se plonge exclusivement dans son travail. Contraint de prendre des vacances, il part à contre-cœur vers le Sinaï. Sur la route, il tombe sur quatre soldats qui ont raté leur bus. Il les emmène dans sa voiture jusqu’à la prochaine station balnéaire. Finalement, Yossi change ses plans et s’installe dans le même hôtel qu’eux, surtout pour se rapprocher de Tom, un jeune gay décomplexé et souriant.
La critique
Par Tootpadu 14/11/2012
Or, l’objectif principal du film paraît justement être de banaliser ce style de vie autrefois si vilipendé. Yossi, le gay un peu honteux et mal dans sa peau, qui préfère se rabaisser plutôt que d’aspirer à une vie sexuelle et sentimentale sans entraves, y rencontre Tom, un tout autre spécimen de la génération suivante, celle qui a pu profiter librement du progrès social pour lequel ses prédécesseurs ont dû se battre dans l’amertume. Il reste discutable si ce bellâtre sûr de lui tomberait réellement dans la vraie vie pour un ours pantouflard comme Yossi, mais le propos du film n’est point là. Le message qu’il cherche à faire passer en douceur est plutôt celui de l’espoir de lendemains qui chantent ou, pour le dire avec les mots d’une campagne américaine destinée à encourager les adolescents aux préférences sexuelles en dehors de la norme hétérosexuelle, « it gets better ».
Après, la structure légèrement déséquilibrée de l’histoire nous a laissé craindre un peu trop longtemps qu’il ne s’agisse que de la postface d’un film, que nous n’avions au demeurant même pas vu. Mais c’est sans doute pour montrer que, avant tout, le principal obstacle auquel Yossi se heurte pour retrouver l’amour est lui-même, que l’épisode des vacances n’arrive qu’une fois qu’il aura traversé une série d’humiliations à l’effet étrangement salutaire. Car ce n’est qu’après avoir confronté les démons du passé et l’impasse de sa vie sexuelle par procuration, devant un porno ou lors d’un coup direct peu valorisant, que le protagoniste saura partir vers de nouveaux horizons.
Vu le 12 novembre 2012, au Club Marbeuf, en VO