Operacion E
Réalisé par Miguel Courtois (2012)
| Durée | 107 minutes |
| Sortie | 28/11/2012 |
| Note | 4/10 |
En 2005, une femme prise en otage par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie accouche d’un bébé. Malade et blessé, le nourrisson est déposé par ses ravisseurs auprès de José Crisanto, un pauvre cultivateur de coca qui habite avec sa famille dans la jungle amazonienne. Puisque l’état de santé de l’enfant ne s’améliore pas au bout de quelques mois, José passe outre l’interdiction des rebelles de quitter la région sous leur contrôle et part avec les siens à l’hôpital de la ville la plus proche. Une fois pris en charge par le personnel soignant, le bébé est envoyé à la capitale pour y bénéficier d’un meilleur traitement. Les services sociaux promettent à José qu’il pourra le récupérer une fois qu’il sera rétabli. Mais deux ans plus tard, il est toujours sans nouvelles du petit, alors que les rebelles viennent le réclamer brutalement.
La critique
Par Tootpadu 06/11/2012
Néanmoins, le sort de ce père de famille, capable de se tirer des situations les plus compromettantes grâce à ses bavardages serviles, nous indiffère pleinement au cours d’une histoire à laquelle une tension dramatique quelconque fait cruellement défaut. José Crisanto, tel que le film de Miguel Courtois nous le présente, est un être fourbe et lâche, un pion sans pouvoir sur l’échiquier des intérêts des forces paramilitaires, de l’armée, et des révolutionnaires. La narration très bancale refuse constamment à son périple éprouvant d’atteindre le plus bas niveau de la tragédie, à partir duquel cette histoire vraie atteindrait au moins la plus infime valeur édifiante.
Nous rechignons obstinément à considérer ce film-ci comme le moins mauvais parmi ceux de son réalisateur que nous avons vus, simplement parce que l’absence d’un agacement stylistique ininterrompu ne garantit pas automatiquement quelque chose d’engageant, voire d’intéressant. Et comme pour mieux nous rappeler pourquoi nous aimons si peu l’œuvre de Miguel Courtois, le montage final dans toute sa splendeur infecte nous plonge dans un dilemme d’appréciation dont ce film pourrait après tout être indigne : se sentir soulagé que pareil écart narratif reste quand même l’exception au sein d’un récit mollement décousu ou bien y voir la confirmation d’un travail de tâcheron, qui aurait jusque là seulement perdu la main pour concocter de ces envolées filmiques, qui sembleraient même déplacées et incohérentes dans le cadre d’un téléfilm sans ambition ?
Vu le 29 octobre 2012, au Club Marbeuf, en VO