Manslaughter

Manslaughter
Titre original:Manslaughter
Réalisateur:Per Fly
Sortie:Cinéma
Durée:104 minutes
Date:03 mai 2006
Note:
Pour entretenir les illusions de sa jeunesse révolutionnaire et révolue, le professeur Carsten fréquente Pil, une ancienne élève et sympathisante des mouvements pacifistes. Leur liaison éclate au grand jour, lorsque Pil est impliquée dans l'assassinat d'un policier. Carsten quitte alors sa femme et il soutient Pil, malgré et contre tout. Mais cette nouvelle vie, n'est-elle pas un nouveau mensonge qui remplace le précédent ?

Critique de Tootpadu

Pour clôturer sa trilogie sur les classes sociales danoises, le réalisateur Per Fly s'attaque à la classe moyenne, moyennement fortunée, moyennement engagée, et, hélas, moyennement intéressante. Après le portrait saisissant d'un alcoolique dans The Bench, et celui d'une dynastie d'industriels dans Inheritance, la voie choisie pour évoquer l'homme simple et éclairé, l'échine de la société cultivée du Danemark d'une certaine façon, a plus de mal à convaincre. Fly y superpose les problématiques et il finit par se retrouver avec un film brouillon. A force de vouloir traiter de l'engagement pacifiste et altermondialiste, de la crise de la cinquantaine, avec en sus une charge considérable d'interrogations morales sur la culpabilité, la fidélité et le sens de la vie, le réalisateur alourdit inutilement son récit.
La forme reflète cette absence d'une vision claire par le biais d'une construction plutôt alambiquée et une musique pesante. Les nombreuses prises du protagoniste en train de survoler la côte en parapente n'apportent plus rien au récit à partir d'un certain point et elles deviennent même le prétexte pour un symbolisme relativement lourd à la fin. Enfin, les interprétations, dont celle de Jesper Christensen si bouleversant dans le premier volet de la trilogie, n'arrivent pas réellement à se défaire des divergences du scénario. Ainsi, les éclats hystériques de Charlotte Fich, la veuve du policier tué, sont très loin, émotionnellement parlant, du désarroi poignant de Kaj, l'alcoolique de The Bench.

Vu le 24 avril 2006, au Club de l'Etoile, en VO

Note de Tootpadu: