Headshot

Réalisé par Pen-Ek Ratanaruang (2012)

Gangster
Headshot
Durée 105 minutes
Sortie 31/10/2012
Note 6/10

Tul est un tueur à gages à la solde d’une organisation mystérieuse, qui élimine des individus nuisibles à la société thaïlandaise. Lors de son dernier contrat, il est grièvement blessé à la tête. Tul survit, mais après trois mois passés dans le coma, il voit le monde à l’envers. Incapable de poursuivre son travail, il démissionne et cherche à retrouver la paix en tant que moine bouddhiste. Mais ce retour à une conception plus innocente de la justice risque de ne pas durer longtemps pour cet ancien policier, qui avait dû purger une peine de prison après avoir osé inculper un membre de la famille d’un ministre.

La critique

Par Tootpadu 16/10/2012

Le talent visuel du réalisateur thaïlandais Pen-ek Ratanaruang s’épanouit pour la première fois pleinement dans ce film envoûtant. Dans les deux ou trois autres films que nous avons vus de lui auparavant, l’esthétique recherchée de l’image se dressait toujours comme une barrière à la compréhension aisée d’une intrigue qui partait dans tous les sens. Il n’en est guère autrement avec Headshot, à la différence près que le vocabulaire visuel si particulier du réalisateur y dégage une force attrayante, à laquelle nous avons pas su nous soustraire la plupart du temps.
La tentation, aussi paresseuse et opportuniste que formellement radicale, de montrer la déformation du point de vue subjectif du protagoniste par le biais d’un simple renversement de l’image est largement contournée par le réalisateur de cette histoire confuse, au profit d’une descente infiniment plus sensuelle et viscérale aux enfers d’une perception faussée. Au fur et à mesure que les différents niveaux temporels du récit se mettent en place, le handicap physique aurait presque tendance à passer à l’arrière-plan, afin de dévoiler les véritables fêlures d’un justicier malmené par des organismes à la légitimité factice. Par conséquent, Tul et sa philosophie de l’incorruptibilité ne tombent pas vraiment victimes d’une simple balle dans la tête. Ils doivent plutôt se soumettre, de gré ou de force, à la réalité impitoyable d’un monde nihiliste, gangrené par une violence qui choisit impulsivement ses cibles.
Il persiste un certain désordre dans l’organisation narrative de cette intrigue aux revirements pas toujours crédibles, comme ce fut hélas le cas dans les films précédents du réalisateur. La sensualité de Nopachai Jayanama dans le rôle principal et la photographie somptueuse de Chankit Chamnivikaipong lui permettent cependant d’atteindre un niveau d’enchantement, auquel Vagues invisibles et Ploy aspiraient en vain.

Vu le 11 octobre 2012, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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