Moi, député
Réalisé par Jay Roach (2012)
| Durée | 86 minutes |
| Sortie | 29/08/2012 |
| Note | 4/10 |
Le député chevronné Cam Brady entame souverainement la campagne pour se faire élire une cinquième fois au congrès dans son fief en Caroline du Nord, quand un message salace, destiné à sa maîtresse mais laissé par erreur sur le répondeur d’une famille chrétienne, le fait chuter dans les sondages. Les frères Motch, de riches industriels qui avaient compté sur Brady pour soutenir leur plan machiavélique d’implanter une usine chinoise en plein cœur des Etats-Unis, détournent alors leurs fonds de soutien de leur candidat habituel et se mettent à la recherche d’un nouveau. Ils choisissent Marty Huggins, le fils bizarre d’un propriétaire de plantations, qui n’a d’abord aucune chance de battre Brady. Petit à petit, il prend pourtant goût aux entourloupettes de politicien et devient une menace sérieuse pour le député.
La critique
Par Tootpadu 28/08/2012
Hélas, ce n’est pas une bande composée de tâcherons comme Jay Roach à la mise en scène, Adam McKay au scénario, et Will Ferrell en haut de l’affiche qui nous apprendra quoique ce soit sur les secrets et autres déraillements de la politique américaine. Moi, député est au contraire l’exemple parfait d’une comédie au trait tellement forcé qu’elle nous fait plus grincer des dents que rire. Le potentiel de rares idées pas sans mérite y est sacrifié cruellement sur l’autel d’un ton aussi plat que lourd, faussement subversif et réellement consensuel. Le statu quo du rêve américain n’est jamais sérieusement mis en doute tout au long d’une intrigue qui enchaîne les vannes puériles, à défaut d’une critique nécessaire du tohu-bohu médiatique autour des moindres faits et gestes des candidats.
Le spectacle que nous présente cette comédie ennuyeuse est assez affligeant, tellement la narration ne maîtrise pas le détournement des clichés les plus caricaturaux pour en tirer quelque chose de divertissant. De même, le cabotinage en roue libre des deux héros n’arrange rien. Il enfonce au contraire encore un peu plus ce film dans l’enfer cinématographique vers lequel la courbe de la carrière de Jay Roach se dirige irrémédiablement.
Vu le 27 août 2012, à la Salle Warner, en VO