Total Recall Mémoires programmées
Réalisé par Len Wiseman (2012)
| Durée | 118 minutes |
| Sortie | 15/08/2012 |
| Note | 6/10 |
La Terre est séparée en deux continents distincts : d’un côté la Fédération Unie de Grande-Bretagne, le monde des riches qui peuvent y jouir des dernières avancées technologiques, et de l’autre la Colonie, une mégapole sous forme de taudis, peuplée des laissés-pour-compte au service de la Fédération. Douglas Quaid fait tous les jours le trajet à travers le cœur de la planète à bord d’un immense ascenseur, afin d’assembler des policiers synthétiques en Grande-Bretagne, avant de retrouver son existence misérable dans la Colonie. En dépit de Lori, sa femme aussi belle que fidèle, il n’en peut plus de cette monotonie et fait appel au service Rekall, qui est censé lui implanter des souvenirs d’agent secret.
La critique
Par Tootpadu 16/08/2012
Le sentiment persistent de déjà-vu provient bien sûr de l’engouement de longue date du cinéma américain pour l’univers littéraire de Philip K. Dick. Nous retrouvons donc ici le décor urbain lugubre de Blade Runner de Ridley Scott, les voitures futuristes de Minority report de Steven Spielberg, ainsi que les mondes parallèles qui avaient contribué au labyrinthe scénaristique du Total Recall original. Curieusement, la référence la plus directe paraît toutefois être une adaptation de Isaac Asimov, sous forme de I robot de Alex Proyas. Que ce soit la mise en avant d’entrée de jeu des attributs physiques de l’acteur principal, une discipline vaguement érotique où Colin Farrell s’en sort aussi bien que Will Smith, les rapports perturbés avec le personnage féminin, un puzzle d’indices à recomposer alors que l’enjeu principal de l’intrigue nous procure un suspense modéré, ou bien l’omniprésence d’intelligences artificielles qui mènent la vie dure à notre héros, les points familiers sont trop nombreux pour ignorer que l’original dont Len Wiseman et son équipe se sont surtout inspirés pourrait plus probablement être celui-là.
Enfin, peu importe qui a copié sur qui, le résultat final est un blockbuster estival rondement mené, efficace et sans temps mort, qui représente toutefois une autre lacune majeure : de se faire oublier dès qu’on a quitté la salle de cinéma, tellement il manque de personnalité ou d’un semblant de profondeur, capable de nous permettre de nous en souvenir distinctement des mois, des jours, voire des heures après l’avoir vu !
Vu le 16 août 2012, à l’UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 1, en VO