Homme de Prague (L')
Réalisé par Charles Jarrott (1982)
| Durée | 112 minutes |
| Sortie | 12/05/1982 |
| Note | 5/10 |
Lors d'une prise d'otage à l'ambassade américaine de Munich, la fiancée de Charles Heller, un spécialiste en codage qui travaille pour la CIA, est assassinée. Pour se remettre de cette perte douloureuse, Heller jure de la venger et de traquer les terroristes réfugiés depuis en Tchécoslovaquie. Face à l'indifférence de ses supérieurs, il prend les choses en main et rassemble du matériel compromettant pour les services secrets américains. Heller espère ainsi faire chanter son patron, qui devra lui fournir un entraînement de tueur professionnel et l'aider à s'infiltrer dans l'Europe de l'Est.
La critique
Par Tootpadu 16/05/2007
La même finesse de ton ne s'applique par contre pas à la totalité du film, qui ne s'écarte guère des règles du genre. Avec un détour dans un camp d'entraînement, qui annonce les excursions à venir dans ce cadre emblématique du cinéma des années 1980, et des allers et retours de plus en plus déliés entre l'Europe et l'Amérique, la narration manque en effet de fermeté. Comme l'indique si pertinemment l'affiche américaine du film, entre les premières minutes, avec cette prise d'otage haletante qui brise judicieusement le pittoresque du générique, et la fusillade finale, dans une remise de chandeliers avantageusement mise en scène, les éléments sont bien trop conventionnels pour retenir réellement l'attention. Ni les prouesses de l'espion amateur, ni les inepties de ses confrères professionnels, ni même la blague récurrente sur les difficultés du personnage de Marthe Keller de manier les expressions anglaises, n'arrivent à réellement animer le récit.
Plutôt adroit dans ses compositions de plan, le réalisateur Charles Jarrott affiche ici une fâcheuse habitude de ne pas laisser les séquences se terminer naturellement. Quelques moments clefs, comme la rencontre dans le train vers Karlovy Vary, en pâtissent considérablement, et l'aspect le plus frustrant du film reste donc ce rythme trop bancal et chahuté pour convaincre.
Vu le 16 mai 2007, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VO