Future (The)

Réalisé par Miranda July (2011)

Comédie Dramatique
Future (The)
Durée 91 minutes
Sortie 17/08/2011
Note 5/10

Jason et sa copine Sophie ont recueilli un chat blessé, qu’ils ont placé dans une clinique vétérinaire. Alors que ce jeune couple pensait pouvoir ramener son nouvel animal de compagnie au bout de quelques jours, sa convalescence durera finalement un mois de plus. Pendant ces ultimes semaines de liberté, avant que la responsabilité d’avoir un chat ne les force de rester à la maison, Jason et Sophie se laissent porter au gré de leurs envies. Lui, en s’engageant dans un projet de reforestation de Los Angeles, elle, à travers une série de chorégraphies journalières, qu’elle mettra sur internet, afin de revigorer son identité virtuelle.

La critique

Par Tootpadu 04/07/2011

Miranda July fait partie de ces réalisateurs atypiques de la scène indépendante américaine, qui se créent de toutes pièces un univers filmique personnel à l’écart des courants dominants et des impératifs commerciaux. Aller voir un film de cette réalisatrice – même s’ils ne sont pour l’instant qu’au nombre de deux – revient à l’abandon volontaire de la part du spectateur de ses certitudes de réception, pour se laisser divertir par le regard décalé que l’artiste porte sur le monde qui l’entoure. De ce parti pris formel découle à la fois le privilège d’une grande liberté d’expression et un risque au moins aussi important de se planter lamentablement, à force de n’en vouloir faire qu’à sa tête. Après des débuts prometteurs avec Moi, toi et tous les autres, Miranda July nous présente avec The Future un deuxième jet plus ambigu et moins facilement accessible et appréciable.
La principale pierre d’achoppement, voire de dégoût de notre part, dans ce film somme toute inégal se trouve du côté du chat Paw Paw, une sorte de narrateur dont les observations prennent progressivement un tournant vers le larmoyant, tout en morcelant un récit qui aurait très bien pu se passer de ces interruptions périodiques. Tandis que la première intervention de la voix vacillante du chat, interprétée par la réalisatrice elle-même, permet encore d’ouvrir le champ des récits imaginables – d’autant plus large que le thème du futur est forcément vaste quand il est vu à travers les yeux d’une cinéaste malgré tout capable d’élargir notre vision des choses –, tous les retours suivants dans sa cage réduisent au contraire la portée du propos du film.
Car au fond, ce dernier relève plus d’une histoire de couple passablement bizarre, que d’un conte ésotérique qu’il fallait absolument raconter par le biais d’un chat enfermé ! La dynamique de la relation entre Jason et Sophie, des trentenaires carrément caricaturaux dans leur manque de repères sérieux, suit en effet la trajectoire classique d’un couple au carrefour crucial entre l’engagement durable et l’épisode adultère qui risque de tout mettre en branle. Le ton désinvolte du récit, qui tire une certaine noirceur des rapports assez glauques entre Sophie et son amant, ainsi que de l’échec cuisant de Jason en tant que commercial pour la cause écologiste, tout en réussissant plutôt la touche fantastique de la suspension temporelle, aurait pu en faire quelque chose de réellement touchant et intriguant, si ce n’était pour les commentaires sincèrement affligeants du félin.

Vu le 28 juin 2011, au Racine Odéon, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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