Oh my god !

Réalisé par Tanya Wexler (2011)

Comédie Dramatique
Oh my god !
Durée 99 minutes
Sortie 14/12/2011
Note 6/10

En 1880 à Londres, le jeune médecin Mortimer Granville n’en peut plus de l’ignorance en matière d’hygiène et de sciences modernes de ses confrères. Renvoyé de tous les hôpitaux de la ville sans exception, il trouve finalement un poste auprès du docteur Dalrymple, qui soigne l’hystérie féminine par des massages vaginaux. Content d’avoir trouvé enfin un emploi où il fait plus de bien que de mal, Granville ne tarde pourtant pas à fatiguer de la main droite, une maladie professionnelle qui l’amène par hasard à l’invention du godemiché électrique. De même, alors qu’il se sent d’abord attiré par Emily, la fille belle mais un peu fade de son patron, il va en fin de compte tomber sous le charme de sa sœur Charlotte, une suffragette au tempérament volcanique.

La critique

Par Tootpadu 22/11/2011

L’objet au cœur de cette comédie britannique a beau jouir de nos jours d’une réputation coquine, il subit un traitement presque convenable dans le troisième film de la réalisatrice Tanya Wexler. Le volet vaguement érotique de Oh my god !, qui ne porte fort probablement ce titre un peu ridicule qu’à cause de la similitude phonétique de son dernier mot prononcé à la française avec ce fameux gode, est en effet assez rapidement supplanté par une histoire à l’eau de rose aux accents progressistes difficiles à ignorer. Cet état d’esprit clairement en faveur d’un rapport décomplexé avec la sexualité féminine en particulier, et les femmes en général, permet justement au film de préserver une certaine légèreté, enrichie à son tour par des observations tout à fait pertinentes sur le progrès sous toutes ses formes.
Au détour de l’histoire classique d’un jeune homme ambitieux qui cherche sa voie, le scénario évoque en effet une époque pas si lointaine, où la vie était pourtant régie encore par des codes de conduite assez archaïques et des gadgets électroniques qui n’étaient alors qu’au stade de leurs balbutiements improbables. A partir de ce portrait saisissant de l’époque victorienne, la mise en scène ne s’aventure jamais trop loin des conventions de la comédie romantique passablement progressiste. Les bons sentiments n’y résultent pas du maintien valeureux du statu quo, mais au contraire de son chamboulement au profit d’une égalité des droits et des chances comme elle nous paraît tout à fait banale aujourd’hui. Le fait que tous les personnages, ou presque, adhèrent in extremis aux idées perçues auparavant comme radicales de Charlotte constitue peut-être la seule facilité narrative un peu paresseuse dans le cadre d’un film autrement empressé de paraître élégant, quoique nullement prétentieux.
Effectivement, la narration fait tout son possible pour banaliser le côté sulfureux de cette affaire, à la fois pour mieux démontrer les codes de bienséance de l’époque, et pour ne pas entacher la bonne humeur quasiment insouciante que le film dégage sans compter. Le protagoniste a beau procurer à des dizaines de femmes sexuellement frustrées un paroxysme orgasmique, cette besogne malgré tout un peu vulgaire n’atténue aucunement son aura de jeune héros sans reproche. C’est davantage sa complaisance envers le maintien des apparences respectables que lui impose son futur beau-père – peu importe le cas de figure de mariage – qui mettra en péril son exemplarité morale. Dans le cadre d’un film aussi gentillet et dépourvu du moindre faux pas, il faudra se contenter d’une reproche timide comme celle-ci contre l’autorité morale de la bourgeoisie, faute d’une véritable fresque jouissive à la gloire du sex toy le plus recherché de l’Histoire de l’humanité.

Vu le 21 novembre 2011, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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