Délicatesse (La)
Réalisé par David Foenkinos, Stéphane Foenkinos (2011)
Comédie Dramatique
| Durée | 109 minutes |
| Sortie | 21/12/2011 |
| Note | 6/10 |
Nathalie et François filent le parfait amour. Mais quand François meurt soudainement dans un accident, Nathalie est inconsolable. Pourtant, trois ans plus tard, elle se surprend à embrasser à l’improviste un homme. Et pas n’importe quel homme, ou peut-être si, puisqu’il s’agit de Markus, un collègue de travail d’origine suédoise au physique très quelconque, dont la maladresse et l’humour réussissent néanmoins à toucher Nathalie.
La critique
Par Tootpadu 19/12/2011
La vieille histoire du vilain petit canard vit une seconde jeunesse dans ce premier film touchant, basé sur le roman d’un des frérots réalisateurs. La Délicatesse commence pourtant très loin de cette romance inouïe, qui fera pleurer dans les chaumières, surtout de la part de ceux qui se sentent trop complexés par leur physique désavantageux pour s’imaginer un jour sortir avec une fille aussi exquise qu’Audrey Tautou. Quand le grand gaillard gauche entre dans la vie du personnage principal au bout de trois quarts d’heure de film, nous avons en effet l’impression de connaître déjà intimement Nathalie, grâce à l’épreuve tragique que nous avons traversée avec elle d’une manière à la fois dense et pragmatique, qui est tout à l’honneur des réalisateurs. Représenter le deuil au cinéma n’est effectivement pas une mince affaire, mais David et Stéphane Foenkinos parviennent à un équilibre très juste entre l’abattement du choc et la nécessité de continuer à exister coûte que coûte pour les survivants.
Ce souvenir traumatisant, il reste avec nous jusqu’à la fin du film, non pas comme une chape de plomb lugubre qui ensevelirait immédiatement chaque petite pousse du printemps romantique que vit Nathalie, mais tel un bagage personnel qui confère une sorte de gravité sans excès aux cabrioles plus insouciantes qui rythment la partie restante de l’intrigue. Sans lui, le déroulement de la relation atypique entre cette femme belle mais emmurée dans son chagrin et cet homme trop timide et conscient de son apparence pour agir risquerait de virer à la farce condescendante à l’égard de ceux qui se reconnaîtront justement dans la démarche naïve de Markus. Grâce au ton jamais excessif que les réalisateurs adoptent en toute modestie, leur film ressemble davantage à un conte improbable, mais pas entièrement fantaisiste, qui ravive une fois de plus le mythe de l’amour aveugle, plus réceptif à la beauté intérieure qu’au pouvoir de séduction d’un physique renversant.
Pendant que les réalisateurs nous font donc rêver par le biais de ce conte de Noël précoce, le digne successeur en quelque sorte des Emotifs anonymes de Jean-Pierre Améris vu sa date de sortie, leur narration excelle dans une forme d’élégance délicate qui balance habilement entre les sautes d’humeur des personnages et le temps assez considérable que le récit couvre sans forcer le trait. Que ce soit une transition subtile pour négocier une ellipse temporelle importante ou bien l’aspect joliment humain des personnages secondaires, comme le patron de Nathalie et sa meilleure copine, il n’y a pas la moindre fausse note dans ce film à la fois amusant et profondément touchant dans le respect qu’il nous fait éprouver envers ses personnages, qui ne susciteraient ailleurs – dans des films moins pointilleux et humainement sensibles – que de la raillerie.
Ce souvenir traumatisant, il reste avec nous jusqu’à la fin du film, non pas comme une chape de plomb lugubre qui ensevelirait immédiatement chaque petite pousse du printemps romantique que vit Nathalie, mais tel un bagage personnel qui confère une sorte de gravité sans excès aux cabrioles plus insouciantes qui rythment la partie restante de l’intrigue. Sans lui, le déroulement de la relation atypique entre cette femme belle mais emmurée dans son chagrin et cet homme trop timide et conscient de son apparence pour agir risquerait de virer à la farce condescendante à l’égard de ceux qui se reconnaîtront justement dans la démarche naïve de Markus. Grâce au ton jamais excessif que les réalisateurs adoptent en toute modestie, leur film ressemble davantage à un conte improbable, mais pas entièrement fantaisiste, qui ravive une fois de plus le mythe de l’amour aveugle, plus réceptif à la beauté intérieure qu’au pouvoir de séduction d’un physique renversant.
Pendant que les réalisateurs nous font donc rêver par le biais de ce conte de Noël précoce, le digne successeur en quelque sorte des Emotifs anonymes de Jean-Pierre Améris vu sa date de sortie, leur narration excelle dans une forme d’élégance délicate qui balance habilement entre les sautes d’humeur des personnages et le temps assez considérable que le récit couvre sans forcer le trait. Que ce soit une transition subtile pour négocier une ellipse temporelle importante ou bien l’aspect joliment humain des personnages secondaires, comme le patron de Nathalie et sa meilleure copine, il n’y a pas la moindre fausse note dans ce film à la fois amusant et profondément touchant dans le respect qu’il nous fait éprouver envers ses personnages, qui ne susciteraient ailleurs – dans des films moins pointilleux et humainement sensibles – que de la raillerie.
Vu le 16 novembre 2011, à la Salle Pathé Lincoln
★★★★★★☆☆☆☆
6/10