Safe
Réalisé par Boaz Yakin (2012)
| Durée | 95 minutes |
| Sortie | 27/06/2012 |
| Note | 6/10 |
Un boxeur sans avenir, Luke Wright gagne le seul combat qu’il était censé perdre. La vengeance de la mafia russe, qui avait misé gros sur sa défaite, ne se fait pas attendre, puisqu’elle assassine la femme de Luke et ne laisse la vie sauve à ce dernier qu’à condition qu’il ne rentre plus en contact avec personne. Au bout du rouleau, l’ancien éboueur est prêt à se jeter devant le métro, quand son chemin croise celui de la petite Mei, une fille chinoise au don exceptionnel pour les maths, qui est traquée à la fois par les truands russes, chinois et des flics corrompus.
La critique
Par Tootpadu 19/06/2012
Safe commence d’une façon que l’on qualifierait de déroutante, si elle était orchestrée par des tâcherons plus ou moins pénibles comme Michael Bay ou Guy Ritchie. Loin de nous l’idée d’élever tout de suite Boaz Yakin au rang de maître du film de genre, mais son entrée en la matière par le biais d’un montage astucieux, qui fait monter sans tarder la tension, s’avère hautement fascinante. Le rythme décousu de la narration, qui change sans crier gare d’endroit et de temps, aurait tendance à nous insupporter dans d’autres circonstances, alors qu’ici, il fait partie intégrante d’une construction scénaristique aussi libre qu’ingénieuse. Dépourvu du moindre temps mort, le récit nous fait le cadeau surprenant d’une épopée d’action quasiment parfaite, où le nihilisme est autant de mise, à travers une violence exacerbée et des personnages plus moralement pourris les uns que les autres, qu’un sens du tragique jamais poussé vers la grandiloquence.
Si nous devions tout de même énoncer une réserve mineure à l’égard de ce film musclé et intelligent, ce serait que la métamorphose du personnage principal, au début un paumé suicidaire et à la fin le frère illégitime de Jason Bourne, s’opère un peu trop abruptement. Le lien qui le lie à la fillette surdouée, si adroitement établi auparavant grâce au montage excellent de Frédéric Thoraval, s’effrite par conséquent, en tout cas dans ce qu’il avait de plus subtil et de plus intriguant. Ce qui est tout de même dommage dans le contexte d’un film, qui aurait autrement fait un sans faute dans le registre de la symbiose entre les films de justicier des années 1970, les polars glauques de la décennie suivante, et les récits foisonnants des années 2000 !
Vu le 18 juin 2012, à la Salle Pathé François 1er, en VO