Fast and furious 5
Réalisé par Justin Lin (2011)
| Durée | 131 minutes |
| Sortie | 04/05/2011 |
| Note | 7/10 |
Reconnu coupable de ses crimes passés, Dom Toretto est condamné à vingt-cinq ans de prison. Son ancien complice Brian O’Conner et sa sœur Mia l’aident à s’enfuir. Désormais tous les trois recherchés par la police américaine, ils se réfugient au Brésil, à Rio De Janeiro, où leur vieil ami Vince leur propose de participer à un casse en apparence facile. Ils devront dérober d’un train en marche trois voitures de collection, appartenant au baron de la drogue Herman Reyes et confisquées par des agents américains. Rien ne se passe comme prévu, et Dom et sa bande seront dès lors traqués à la fois par les hommes de main de Reyes et par l’agent spécial Luke Hobbs.
Les critiques
Par Mulder 11/05/2011
C'est donc avec un fort a priori que ce film fut visionné. Certes, la fin de l'opus 4 nous avait fait saliver quant à une suite hypothétique dans laquelle l’agent Dom passerait de l'autre côté de la loi et deviendrait un voyou, en "ayant un mandat aux fesses". Malgré tout, l'opus 5 s'impose comme le cas d'école d’une réussite exemplaire. Un scénario ciselé, des rebondissements multiples (la scène au milieu du générique de fin remet l'opus 4 en question), des interprétations enjouées, des scènes à devenir cultes. Malgré un manque de finesse remarqué par un confrère de Télérama, rien dans ce film ne porte ombrage à ce film. Au contraire, chaque scène repousse plus loin la limite de l'impossible !
La dernière course poursuite avec les deux Dodge Charger Srt 8 est remarquable à plus d'un titre : superbement orchestrée, longue et filmée avec une maestria égales à la course poursuite souterraine de The Dark knight Le Chevalier noir. Justin Lin signe bien ici son meilleur film. Il semble inspiré par ses prédécesseurs et rend hommage autant à Bullitt, qu’à Braquage à l'italienne, Mission : impossible, Ocean’s Eleven et Invasion Los Angeles (la scène de combat très réussie et longue entre Dwayne Johnson et Vin Diesel).
La force du film repose aussi sur cette recherche consciente des producteurs d’un cadre propice au déroulement de l'histoire. Rio De Janeiro, déjà usité avec talent par Louis Letterier dans L'incroyable Hulk, est le lieu parfait, dépourvu d'extradition, pour exploiter à son summum les exploits de cette famille reconstituée.
Les scènes de course poursuite aussi bien à pied (sur les toits des favelas) qu’en voitures de courses de multiples marques (Wikipédia dresse à ce titre le décompte) renforcent le climat du film. Elles ne sont en aucun cas un moyen de masquer les fuites multiples d'un scénario trop linéaire. Ce constat porte à parier que Justin Lin a réussi non seulement un exploit en nous offrant une telle surprise, mais surtout fait de cette suite l'un des films incontournables de cette année !
Certes, comme l'indique si bien le générique, les cascades en voitures ont été filmées en circuit fermé et ne doivent en aucun cas être reproduites par les spectateurs – et c'est bien dommage, car elles donnent envie de conduire ces bolides en aussi bonne compagnie que celle de Gal Gadot (voir la scène se passant à la frontière allemande).
On attend donc avec la plus grande impatience l'opus 6 de cette saga, en espérant que la dernière scène du film sera utilisée avec brio. De Justin Lin, réalisateur ayant acquis ses lettres de noblesse avec cet opus, on en attend pas moins !
Vu le 2 mai 2011, au Gaumont Disney Village, Salle 1, en VF
Revu le 5 mai 2011, au Gaumont Disney Village, Salle 1, en VF
Par Tootpadu 10/05/2011
Il n’y a rien de substantiel à redire à la mise en scène de Justin Lin par rapport à la gestion des scènes d’action, plus époustouflantes les unes que les autres, qui mettent à peu près convenablement la topographie urbaine variée de Rio De Janeiro à contribution. Alors que l’histoire est plutôt pauvre en compétitions acharnées au volant – au point de faire l’économie par le biais d’une ellipse narrative d’une de ces courses illégales sur lesquelles la réputation des premiers films s’était bâtie –, les différents braquages et courses poursuites sont au moins aussi musclés que la silhouette sculptée des deux principaux antagonistes, Vin Diesel et Dwayne Johnson, pas vraiment au meilleur de leur forme dramatique. Notamment la pièce maîtresse du film, avec son hécatombe de tôle froissée, constitue un moment de jubilation suprême, si l’on n’est pas trop regardant sur la faisabilité d’un tel remorquage sauvage.
Aussi efficace cette demi-douzaine d’affrontements violents soit-elle, la tension retombe platement, dès que la narration cherche à conférer un peu de relief humain à ses personnages, pourtant conçus depuis le début de la saga comme des caricatures ambulantes. En gros, les états d’âme de Dom et compagnie sont présentés sous un jour si défavorable, avec de surcroît des professions de foi pesantes pour étayer des intentions vaguement honorables, qu’ils plombent irrémédiablement le film dans son ensemble.
Depuis dix ans, nous nous sommes faits à l’apologie du crime mollasse grâce à laquelle les producteurs de Fast and furious ont réussi à fidéliser des spectateurs autrement délaissés par le marché filmique. Ce qui nous gêne par contre, c’est leur propension à vouloir ériger à tout prix leur divertissement crétin, mais pas complètement dépourvu d’intérêt, en une sorte d’école de la vie, basée sur une notion de la famille qu’ils ont paresseusement calquée sur celle, guère moins légale, des films sur la mafia, le légendaire Parrain de Francis Ford Coppola et ses suites en tête.
Vu le 10 mai 2011, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 33, en VO