Des saumons dans le désert

Réalisé par Lasse Hallström (2012)

Comédie Dramatique
Des saumons dans le désert
Durée 107 minutes
Sortie 06/06/2012
Note 5/10

La consultante Harriet Chetwode-Talbot se met en contact avec le docteur Alfred Jones, un fonctionnaire spécialiste de la pêche, afin de connaître son avis sur le projet ambitieux de son client, le cheik Muhammed. Il s’agit d’implanter des saumons sauvages dans un fleuve au Yémen, le pays d’origine de ce millionnaire visionnaire. Alfred ne croit pas une seconde en cette idée folle et le fait savoir, preuves scientifiques à l’appui, à Harriet. Or, après une bavure en Afghanistan, le gouvernement britannique a désespérément besoin de quelques bonnes nouvelles du Moyen Orient. Patricia Maxwell, l’attachée de presse du premier ministre, déterre alors cette histoire insensée et oblige Alfred d’y participer.

La critique

Par Tootpadu 09/06/2012

Le message colporté par ce film anglais est des plus exemplaires, puisqu’il célèbre le courage et la détermination des vrais visionnaires, ces fous furieux inébranlables dans leur foi en un rêve, qui se réalisera en dépit des bâtons que le bon sens et les bons sentiments lui mettront dans les roues. Toutes proportions cinématographiques gardées, le combat pour des poissons en plein désert continue la lignée entamée autrefois par Fitzcarraldo de Werner Herzog et son bateau qui franchit une montagne, ainsi que Jusqu’au bout du rêve de Phil Alden Robinson et son terrain de base-ball construit en pleine campagne. L’idéalisme avec lequel les personnages y défendaient leur projet, aussi insensé soit-il, conférait une sorte d’aura mythique, littéralement plus grande que nature, à ces contes simultanément édifiants et subversifs.
Sous la direction routinière de Lasse Hallström, c’est plutôt une médiocrité ennuyeuse qui se dégage de Des saumons dans le désert. A aucun moment, le récit ne produit le genre d’étincelle, qui nous permettrait de devenir des partisans ardents de cette affaire utopiste. Au contraire, ce sont avant tout les réticences initiales d’Alfred de participer activement à cet investissement conséquent dans un pays pauvre, qui constituent l’aspect le plus crédible d’une intrigue désagréablement éparpillée. Pour contrecarrer la tendance à l’eau de rose qui caractérise de plus en plus les rapports entre les deux personnages principaux, l’attachée de presse opportuniste ne fait pas le poids. Cette lacune n’est nullement imputable à la pauvre Kristin Scott Thomas, qui se démène comme elle peut avec les bribes de scènes et les écrans divisés à sa disposition.
Comme dans la plupart des films du réalisateur, celui-ci laisse simplement couler la narration vers un dénouement mou et presque prévisible, si ce n’était pour le revers final, qui ne met pourtant pas longtemps en doute l’optimisme retrouvé du bureaucrate pas entièrement dépourvu de charme. Néanmoins, le couple vedette formé par Ewan McGregor et Emily Blunt n’opère point de miracle avec cette histoire, qui aurait nécessité une approche plus inventive que ces points de vue de poissons qui pointent régulièrement leur nez, sans raison apparente.

Vu le 9 juin 2012, au MK2 Bibliothèque, Salle 1, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

Retour à la liste des Critiques