Nord
Réalisé par Rune Denstad Langlo (2010)
Comédie Dramatique
| Durée | 79 minutes |
| Sortie | 10/03/2010 |
| Note | 6/10 |
Jomar Henriksen est employé dans un remonte-pente. C'est un travail qui ne lui plaît guère. Il préférerait retourner à la clinique, où il avait été traité pour ses troubles psychologiques et ses phobies. Lors de la visite d'un ancien ami, il apprend que son ex-femme Linnea vit seule avec leur fils de quatre ans dans une vallée isolée au nord du pays. Après avoir accidentellement incendié sa cabane, Jomar part les rejoindre sur sa moto-neige.
La critique
Par Tootpadu 24/11/2009
Ce premier film norvégien reprend en quelque sorte la trame narrative du sublime Une histoire vraie de David Lynch. Jomar Henriksen a beau ne pas être aussi proche de la fin de sa vie physique qu'Alvin Straight, il fait néanmoins tout pour s'enfoncer le plus profondément possible dans l'isolation de sa dépression. La dépendance à l'alcool et un goût prononcé pour les faits macabres, comme le reportage sur les incendies dans les tunnels qu'il suit religieusement à la télévision, font de lui un personnage dans l'expectative de la mort, ou en tout cas nullement galvanisé par les opportunités de la vie. Le périple qu'il va entreprendre presque malgré lui, pour retrouver son ex-femme et son fils, est émaillé, comme l'a été l'odyssée sur la tondeuse à gazon, de rencontres insolites, qui dévieront à peine le voyageur improbable de son chemin.
Comme dans chaque bon "road-movie" qui se respecte, ce n'est pas tant la destination qui importe, mais le fait d'être en mouvement et d'être plus réceptif, grâce à cette mobilité permanente, à l'influence des personnes que l'on croise. Le décor enneigé majestueux que Jomar traverse et le sentiment d'isolation qui en découle sont contrebalancés par la nature plutôt incongrue des personnes qui peuplent parcimonieusement ce paysage hostile et désolé. Le trait avec lequel le réalisateur Rune Denstad Langlo élabore ces rencontres dans le désert blanc est suffisamment fin pour ne jamais tomber dans une bizarrerie gratuite. Ce sont surtout les circonstances qui rendent le passage de Jomar chez les gens qu'il croise étrange. La solitude a rendu ses compagnons de fortune aussi peu socialement adaptés que lui-même. Que ce soit l'adolescente qui rêve d'avoir quelqu'un à qui parler, le vieillard qui s'en passerait bien, ou le jeune dont l'homophobie affichée est plus que suspecte, l'arrivée impromptue de Jomar éveille en chacun d'entre eux une part d'humanité insoupçonnée. Toutefois, l'ironie avec laquelle Nord suit le cheminement de son protagoniste relativise d'emblée tout élan édifiant.
La simplicité de la narration, qui préfère en dire pas assez plutôt que de tout expliquer, confère une fraîcheur et une élégance remarquables au récit. Les ellipses régulières et la fin quelque peu abrupte sont symptomatiques d'un film délicat, qui ne se vante nullement de son caractère atypique. C'est davantage la douce résignation d'un dépressif déterminé qui y fait avancer les choses, malgré et contre tout, et avec une propension involontaire à la destruction, qui apporte au moins symboliquement un peu de passion brûlante à cette histoire légèrement glaciale.
Comme dans chaque bon "road-movie" qui se respecte, ce n'est pas tant la destination qui importe, mais le fait d'être en mouvement et d'être plus réceptif, grâce à cette mobilité permanente, à l'influence des personnes que l'on croise. Le décor enneigé majestueux que Jomar traverse et le sentiment d'isolation qui en découle sont contrebalancés par la nature plutôt incongrue des personnes qui peuplent parcimonieusement ce paysage hostile et désolé. Le trait avec lequel le réalisateur Rune Denstad Langlo élabore ces rencontres dans le désert blanc est suffisamment fin pour ne jamais tomber dans une bizarrerie gratuite. Ce sont surtout les circonstances qui rendent le passage de Jomar chez les gens qu'il croise étrange. La solitude a rendu ses compagnons de fortune aussi peu socialement adaptés que lui-même. Que ce soit l'adolescente qui rêve d'avoir quelqu'un à qui parler, le vieillard qui s'en passerait bien, ou le jeune dont l'homophobie affichée est plus que suspecte, l'arrivée impromptue de Jomar éveille en chacun d'entre eux une part d'humanité insoupçonnée. Toutefois, l'ironie avec laquelle Nord suit le cheminement de son protagoniste relativise d'emblée tout élan édifiant.
La simplicité de la narration, qui préfère en dire pas assez plutôt que de tout expliquer, confère une fraîcheur et une élégance remarquables au récit. Les ellipses régulières et la fin quelque peu abrupte sont symptomatiques d'un film délicat, qui ne se vante nullement de son caractère atypique. C'est davantage la douce résignation d'un dépressif déterminé qui y fait avancer les choses, malgré et contre tout, et avec une propension involontaire à la destruction, qui apporte au moins symboliquement un peu de passion brûlante à cette histoire légèrement glaciale.
Vu le 23 novembre 2009, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10