Monde tremblera (Le)

Réalisé par Richard Pottier (1945)

Fantastique
Monde tremblera (Le)
Durée 107 minutes
Sortie 31/01/1945
Note 5/10

Depuis cinq ans, le docteur Jean Durand travaille fiévreusement à l’élaboration d’une machine biométrique, capable de prédire à la minute près la mort des sujets qu’elle examine. Alors qu’il est sur le point de parfaire son invention grâce à des personnes recueillies au hasard en guise de cobaye, son principal financier, l’énigmatique Monsieur Frank, s’impatiente de ne toujours pas voir arriver de retour sur investissement. Le docteur subit le même genre de pression de la part de sa copine Marie-France, qui l’incite à aller voir son père, un riche banquier, afin de lui demander sa main.

La critique

Par Tootpadu 30/04/2012

Tant que l’interprétation majestueuse de Erich von Stroheim trône sur ce film français, tourné avant la guerre et sorti après, Le Monde tremblera n’arrive peut-être pas à sonder les profondeurs philosophiques du sujet qu’il aborde indirectement. Mais le jeu appuyé, plein de noblesse aristocratique, de ce comédien et réalisateur d’exception lui confère une intensité diffuse, qui convient parfaitement au thème des prémonitions macabres. Son personnage plus qu’ambigu, qui doit tenir un triple rôle dont le spectateur découvre progressivement les facettes – c’est-à-dire celle de l’investisseur peu recommandable, du père protecteur, et du banquier malheureux – est le principal vecteur de sérieux au sein d’une intrigue, qui se noie autrement dans une gentillesse au bord de l’ennui.
Dès que von Stroheim quitte la scène au milieu du film, terrassé par la mort comme la machine infernale l’avait prédit, il manque au récit un centre de gravité autour duquel les répercussions sociales de cette invention à double tranchant pourraient s’articuler. Les cas de figure successifs des hommes qui profitent de différentes manières, ni saines, ni altruistes, de ce savoir divin ne rythment que brièvement la narration, avant que l’histoire ne retombe dans ce ton typique du cinéma français des années 1930 et ’40, qui mélange avec une adresse variable le mélodrame intimiste et l’épopée populaire.
Or, le réalisateur Richard Pottier n’est certainement pas un virtuose de l’outil cinématographique. Le reste du film se passe donc sans encombre, mais sans un intérêt particulier non plus par rapport aux conséquences existentielles de ce changement de donne substantiel pour la vie qu’on mène, jour après jour, sans savoir normalement quand elle s’arrêtera définitivement.

Vu le 26 avril 2012, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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