Tokyo !
Réalisé par Michel Gondry, Leos Carax, Bong Joon-ho (2008)
Fantastique
| Durée | 112 minutes |
| Sortie | 15/10/2008 |
| Note | 6/10 |
Un jeune réalisateur, qui vient de tourner son premier film, et sa copine tentent de s'installer à Tokyo. Une étrange et inquiétante créature des égouts sème la panique parmi les habitants de la métropole. Un homme, qui est resté cloîtré chez lui pendant dix ans, s'éprend de la livreuse de pizza.
La critique
Par Tootpadu 09/09/2008
Le successeur très officieux de Paris je t'aime, en attendant l'année prochaine New York I love you, ce recueil de courts-métrages aborde l'espace urbain avec suffisamment de liberté et de fantaisie, pour ne pas se laisser prendre au piège de l'hommage à l'eau de rose. Les trois réalisateurs rassemblés pour le projet sont tous étrangers à la ville de Tokyo, sans que leurs origines lointaines ne se traduisent par un regard platement touristique. Leur portrait du Japon n'a rien à voir avec des oeuvres, qui colportaient une thématique de l'exclusion de la culture asiatique, comme le récent Cherry blossoms de Doris Dörrie ou Lost in translation de Sofia Coppola. En fait, Tokyo ! représente moins la mosaïque d'une métropole que celle, forcément hétéroclite, de trois réalisateurs majeurs de notre époque.
Le plus surprenant est que, contrairement à la plupart de ces exercices artificielles de films à épisodes, chacun des courts-métrages tient pour et par lui-même. Grâce à une durée plutôt conséquente de chaque partie d'au moins une demi-heure, Michel Gondry, Leos Carax et Bong Joon-ho ont tout loisir à monter une petite intrigue curieuse. Le point commun entre ces histoires assez étranges est par ailleurs leur recours au domaine fantastique, au sens large. Au lieu de mettre la capitale nippone au centre de leurs préoccupations, les trois réalisateurs s'adonnent davantage à une expression agréablement débridée de leurs talents filmiques.
Ainsi, le premier épisode signé Michel Gondry demeure fidèle à l'univers décalé du réalisateur français. Les espaces exigus et les situations incongrues y aboutissent à un dénouement féerique plutôt inattendu. La méthode de Leos Carax relève d'une poésie sensiblement plus rugueuse. Expulsé des plateaux de cinéma depuis presque dix ans et son problématique Pola X, Carax revient plus furieux et intransigeant que jamais. Son épisode est le plus outrancier et prêtera probablement à controverse. Mais il est également l'expression d'un visionnaire, auquel il est même interdit d'être mal compris, faute d'opportunités de réalisation. Enfin, Bong Joon-ho conçoit un petit film à la beauté plastique enivrante. Son personnage misanthrope est un parent proche de celui de Sean Connery dans A la rencontre de Forrester de Gus Van Sant.
Le plus surprenant est que, contrairement à la plupart de ces exercices artificielles de films à épisodes, chacun des courts-métrages tient pour et par lui-même. Grâce à une durée plutôt conséquente de chaque partie d'au moins une demi-heure, Michel Gondry, Leos Carax et Bong Joon-ho ont tout loisir à monter une petite intrigue curieuse. Le point commun entre ces histoires assez étranges est par ailleurs leur recours au domaine fantastique, au sens large. Au lieu de mettre la capitale nippone au centre de leurs préoccupations, les trois réalisateurs s'adonnent davantage à une expression agréablement débridée de leurs talents filmiques.
Ainsi, le premier épisode signé Michel Gondry demeure fidèle à l'univers décalé du réalisateur français. Les espaces exigus et les situations incongrues y aboutissent à un dénouement féerique plutôt inattendu. La méthode de Leos Carax relève d'une poésie sensiblement plus rugueuse. Expulsé des plateaux de cinéma depuis presque dix ans et son problématique Pola X, Carax revient plus furieux et intransigeant que jamais. Son épisode est le plus outrancier et prêtera probablement à controverse. Mais il est également l'expression d'un visionnaire, auquel il est même interdit d'être mal compris, faute d'opportunités de réalisation. Enfin, Bong Joon-ho conçoit un petit film à la beauté plastique enivrante. Son personnage misanthrope est un parent proche de celui de Sean Connery dans A la rencontre de Forrester de Gus Van Sant.
Vu le 8 septembre 2008, à la Salle Pathé Lamennais, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10