Nouveau souffle
Réalisé par Karl Markovics (2012)
| Durée | 93 minutes |
| Sortie | 14/03/2012 |
| Note | 6/10 |
Incarcéré depuis quatre ans dans une maison de redressement pour mineurs, Roman Kogler devient éligible à une mise en liberté, à condition de trouver un emploi. Abandonné par sa mère quand il était encore un enfant et meurtri par son crime, un homicide involontaire, le jeune homme choisit le travail délicat et difficile dans une entreprise de pompes funèbres. Il a d’abord du mal à s’intégrer dans la petite équipe, qui fait le tour des hôpitaux et des cimetières pour emporter ou deposer des cadavres. Mais contre toute attente, cette nouvelle opportunité permettra à Roman de se reconstruire et de tirer un trait sur son enfance malheureuse.
La critique
Par Tootpadu 24/04/2012
La gravité est donc une fois de plus le maître-mot dans Nouveau souffle, le premier film en tant que réalisateur de l’acteur Karl Markovics. L’abattement moral du personnage principal y est évoqué sobrement, par le biais de la vie quotidienne monotone de ce jeune délinquant, guère prêt à affronter une existence hors des murs de la prison. Le récit est pratiquement exempt d’explosions de rage, provoquées par l’attitude condescendante des porteurs d’autorité à l’égard de Roman, mais on ressent une très grande frustration chez ce dernier. Solitaire et exclu par ses co-détenus depuis qu’il exerce un métier peu recommandable, le protagoniste éprouve la plus grande difficulté à mener une vie ordinaire, voire à aspirer à un emploi du temps qui ne lui impose pas chaque jour le retour en cellule avant le couvre-feu.
Cet affranchissement des entraves d’un passé lourd et peu glorieux, le scénario l’entame dans le plus improbable des endroits : une société de pompes funèbres, qui préserve un minimum de respect envers les morts au fil d’un fonctionnement routinier. Le choix de ce métier déprimant n’est évidemment pas un coup de cœur de Roman, mais sa façon détournée de payer sa dette envers une société de laquelle il avait été chassé pour avoir donné lui-même la mort. Le rite expiatoire de se confronter quotidiennement aux morts pour ne pas oublier sa propre faute, la narration l’exprime subtilement, sans la moindre fausse note morbide, ni une respect démesuré pour le cérémoniel de la mise en bière, qui n’est après tout qu’un travail comme les autres.
Vu le 24 avril 2012, au Reflet Médicis, Salle 3, en VO