Premier venu (Le)

Réalisé par Jacques Doillon (2008)

Drame relationnel
Premier venu (Le)
Durée 123 minutes
Sortie 02/04/2008
Note 6/10

A vingt ans passés, Camille cherche à donner son amour, pas au plus séduisant ou au plus méritant, mais au premier venu. Cet homme qu'elle a choisi au hasard, c'est Costa, un voyou qui n'est guère digne de confiance. Après une première relation sexuelle plutôt violente, elle le suit au Crotoy, où Costa se rend pour rencontrer sa fille qu'il n'a pas vue depuis trois ans. Camille ne sait pas trop ce qu'elle veut de Costa, des excuses, de l'affection ou de l'amour, mais elle est sûre que sa présence dans la vie de cet individu irascible aura un impact.

La critique

Par Tootpadu 28/02/2008

Toujours à vif, toujours en mouvement, ce nouveau film de Jacques Doillon s'intéresse une fois de plus à un groupe de personnages en devenir. Le triangle à forces variables que forment Camille, Costa et Cyril, passera par quelques bifurcations imprévisibles, avant de se résoudre dans un carré à la solidité improbable, en vue des imperfections en tous genres par lesquelles ces têtes brûlées et indécises sont passées auparavant. Le moteur derrière l'attachement insensé dont témoigne Camille envers Costa, paraît être sa volonté d'arranger au moins partiellement la vie de ce bon à rien. Mais comme lui fait si bien remarquer l'objet indigne de son affection, elle l'enfonce un peu plus dans la criminalité et le désarroi émotionnel avec chacune de ses tentatives, empreintes d'une innocence maladroite.
L'agitation des électrons libres, que sont au fond les personnages de ce film curieux, prend ainsi une forme aussi imprévisible qu'irascible. Les rencontres presque fortuites ne durent jamais longtemps. Et Camille improvise chaque étape de son plan approximatif avec une désinvolture bluffante. Ce ne sont pas seulement les deux personnages masculins qui ne savent jamais à quoi s'attendre avec elle. Nous aussi, en tant que spectateurs incrédules mais étrangement intrigués, nous sommes affectés par son comportement instinctif et nerveux. Impossible de savoir réellement quelles sont ses motivations et à quel genre d'épanouissement affectif et sexuel elle aspire, avec quel homme ?
La jeune Clémentine Beaugrand, tout à fait remarquable, confère une opacité mystérieuse des plus fascinantes à ce rôle complexe. Bien qu'on n'arrive jamais à cerner ne serait-ce que partiellement cette Camille docile et entreprenante à la fois, elle ne manque nullement de nous subjuguer par sa douceur insistante. A ses côtés, Gérald Thomassin revient chez Doillon, dix-sept ans après Le Petit criminel, avec toujours la même rage et la même nervosité positivement déroutantes.

Vu le 28 février 2008, au Club Marbeuf

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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