Week-end
Réalisé par Andrew Haigh (2012)
| Durée | 97 minutes |
| Sortie | 28/03/2012 |
| Note | 7/10 |
Le maître nageur Russell se prépare sans grand enthousiasme pour son week-end, qu’il commencera avec une soirée entre amis de laquelle il partira assez tôt et qu’il terminera avec la fête d’anniversaire de sa filleule. Entre-temps, il a fait la connaissance de l’artiste Glen, rencontré dans une boîte gaie le vendredi soir. Les deux hommes passent la nuit ensemble et ne se quittent pratiquement plus pendant toute la journée de samedi, bien qu’ils sachent d’emblée que leur romance naissante ne durera qu’un week-end.
La critique
Par Tootpadu 13/04/2012
Agréablement pauvre en envolées romantiques, le récit procède davantage par petites touches pour ancrer l’histoire de ces deux hommes, qui sont loin d’être des novices dans le monde impitoyable des rencontres gaies, dans le quotidien d’une ville moyenne tout ce qu’il y a de plus normal. Au fil des rendez-vous improvisés ou prémédités qui rythment les deux jours que dure l’intrigue, un lien ténu se tisse entre les deux personnages principaux, qui savent pourtant pertinemment qu’il vaut mieux ne pas se faire d’illusions sur leur avenir commun. Les étapes successives pour apprendre à se connaître, après avoir bêtement flashé l’un sur l’autre en boîte, sont évoqués avec un tel naturel que nous ne pouvons qu’en être subjugués. Même s’il est bénéfique pour l’identification émotionnelle avec cette histoire très touchante d’avoir connu ces moments décisifs du réveil, du départ, et du regard plein de doutes sur l’amant d’une nuit ou d’une vie qui s’en va au loin, le ton très sobre du film n’en fait point un drame. Au contraire, il insiste avec une sensibilité extraordinaire sur la fragilité de l’instant présent, qui risque d’être anéanti à chaque moment par un mot dit de travers ou par une révélation déplaisante.
Grâce à cet attachement à un réalisme sentimental dépourvu à la fois de solutions miracles et d’effusions mélodramatiques de larmes, ce film compte peut-être parmi les plus belles histoires d’amour qui soient ! Peu importe l’orientation sexuelle, il n’est jamais facile de trouver le bon partenaire et – si jamais on jouit des faveurs de Cupidon – de préserver cet amour contre les aléas de la vie courante.
Vu le 13 avril 2012, au MK2 Hautefeuille, Salle 3, en VO