Territoire des loups (Le)
Réalisé par Joe Carnahan (2012)
| Durée | 117 minutes |
| Sortie | 29/02/2012 |
| Note | 6/10 |
Le tireur d’élite John Ottway a été engagé pour protéger les travaux de forage en Alaska d’éventuelles attaques de loups. Après qu’il a accompli son contrat, l’avion qui était censé le ramener au monde civilisé s’écrase lors d’une tempête de neige. Avec six collègues qui ont également survécu au crash, Ottway prépare la longue marche à travers le désert glacial. Très loin de la moindre habitation, les hommes doivent également se défendre contre une meute de loups féroces, affamés et prêts à tout pour chasser ces envahisseurs involontaires des terres sur lesquelles se trouve leur tanière.
La critique
Par Tootpadu 05/03/2012
Le ton nihiliste qui marque en fin de compte l’ensemble du cinquième film du réalisateur Joe Carnahan se fait sentir dès l’introduction, qui voit le protagoniste de peu dissuadé de se suicider. L’aspect le plus intéressant du film est même son exploitation ingénieuse de la formule éculée de la lutte pour la survie dans un environnement hostile, où le groupe des personnages est réduit un par un, jusqu’à ce que seul le plus coriace tienne encore debout. La composition assez caricaturale du groupe de rescapés, qui contient évidemment des clichés aussi prévisibles que le bavard agaçant et l’ex-taulard crâneur qui ne veut pas respecter la hiérarchie de fortune, sert alors à mieux déjouer les codes du genre. Grâce à une dynamique dramatique, qui ne se soucie guère d’imposer une montée en crescendo du processus de sélection naturelle, la tension du récit s’appuie principalement sur une notion de futilité des efforts, qui se distingue agréablement du canon vertueux et édifiant que des films américains moins ambigus d’un point de vue moral ont tendance à nous marteler bêtement. Le danger est omniprésent dans ce décor menaçant, mais les façons d’y rendre son âme sont si variées et parfois même si absurdes, que le périple d’Ottway doit avant tout être interprété comme la vaine révolte d’un homme sans foi contre le cours inextricable du destin.
En dépit de son insistance un peu exagérée sur ces moments iconoclastes et de l’inclusion récurrente de souvenirs de jours heureux, qui rompent avec la nature oppressante des circonstances désespérantes dans lesquelles se trouvent les trappeurs traqués, la mise en scène de Joe Carnahan a une fois de plus fait des progrès notables en termes de sobriété et d’intensité dans la forme et le fond. Et ce que les loups en images de synthèse laissent à désirer, Liam Neeson avec son charisme désabusé le rattrape amplement, à travers une interprétation imposante.
Vu le 5 mars 2012, à l’UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 22, en VO