Pirates des Caraïbes La Fontaine de jouvence

Réalisé par Rob Marshall (2011)

Aventure
Pirates des Caraïbes La Fontaine de jouvence
Durée 137 minutes
Sortie 18/05/2011
Note 5/10

Le capitaine Jack Sparrow a été appréhendé par les Anglais, qui s’apprêtent à lui faire un procès expéditif, avant de le pendre. Sauf qu’il ne s’agit pas du célèbre pirate sur le banc des accusés, mais de son ancien équipier Gibbs. Sparrow ne se laisse pas prier longtemps avant d’aider ce dernier à s’échapper. Il apprend alors qu’un individu qui se fait passer pour lui rassemble un équipage pour prendre la mer. Cette initiative de l’imposteur lui convient parfaitement, puisque Sparrow est en possession d’une carte, qui indique le chemin vers la mythique fontaine de jouvence, convoitée à la fois par les Espagnols, les Anglais, et l’effroyable Barbe-Noire. A sa grande surprise, le faux capitaine n’est personne d’autre que la belle Angelica, qu’il avait séduite des années auparavant à Séville.

Les critiques

Par Mulder 13/06/2011

Les trois premières aventures de Jack Sparrow ayant connu un véritable succès mondial, les studios Disney devaient convaincre financièrement Johnny Depp de reprendre son rôle, ce qui fut chose assez facile en lui proposant un salaire de 50 millions de dollar (à titre de comparaison, Mel Gibson s'était vu offrir 30 millions pour L’Arme fatale 4). Ces deux suites de blockbusters ont les mêmes travers, soit un scénario guère enjoué et une interprétation outrancière. Même Johnny Depp, que l'on sait être un excellent comédien lorsqu'il est dirigé par un vrai réalisateur (Michael Mann, Tim Burton) semble s'embourber dans un rôle pourtant fait sur mesure pour lui et par lui. De là à comparer ce quatrième opus avec Pirates de Roman Polanski, il n'y a qu'un pas que l'on pourra franchir rapidement.

Un bon film d'aventure doit surprendre son public, éviter toute linéarité de l'action, reposer sur des trucages nombreux et avoir une pointe d'humour bien placée. La quadrilogie Indiana Jones en est l'exemple parfait et nous rappelle à tel point le tandem Steven Spielberg et Harrison Ford est somptueux. Pirates des Caraïbes La Fontaine de jouvence ne suit malheureusement pas son exemple. Le film s'étire en longueur, les scènes d'action sont paresseuses, les dialogues creux et la direction laisse à désirer au point que, si suite il y a, les studios Disney auraient dû préférer donner les rênes à un autre réalisateur (Tim Burton ??).

Certes, les deux précédents opus n'avaient pas été de purs chefs-d'œuvre, mais ils nous permettaient de retrouver la sublime Keira Knightley et se laissaient regarder avec un certain plaisir coupable. A notre grand déplaisir, Rob Marshall n'est pas Gore Verbinski et son film, tel une baudruche trop gonflée, semble prendre l'eau de partout. Les studios auraient dû sûrement mieux distribuer le budget pour obtenir un bon scénario et des scènes multiples d'action sur terre et sur mer.

Ce film montre qu'un film peut malheureusement être un grand succès, grâce à l'intermédiaire de son acteur principal, mais rester un échec artistique. Réussir une suite d'un grand succès n'est pas chose facile, mais avec un réalisateur talentueux le résultat aurait pu être digne d'intérêt. Ce film de commande est donc une réelle déception à mes yeux et face aux blockbusters Fast and furious 5, Very bad trip 2 et Cars 2 sûrement pas la meilleure suite de l'année, loin de là même !

Enfin, on espère que Johnny Depp choisira à l'avenir mieux ses films et pas uniquement pour des raisons purement mercantiles.

Vu le 18 mai 2011, au Gaumont Disney Village, Salle 11, en VF

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

Par Tootpadu 18/05/2011

Jack Sparrow est de retour et si cela ne dépendait que de nous, il aurait aussi bien pu s’absenter plus longtemps de nos écrans ! Initialement encore assez marrante, la relecture du genre des films de pirates à la sauce Disney est progressivement devenue une simple source de revenu supplémentaire pour la maison de Mickey, assez fiable pour compenser les éventuels ratés financiers, comme le récent Milo sur Mars. Comme son autre étalon aux reins économiques solides, la série des Benjamin Gates, la saga des Pirates des Caraïbes alimente sans le moindre état d’âme, ni la plus infime variation, une recette à succès qu’il paraît inutile de changer, tant qu’un public peu exigeant la sollicite encore et encore. Au moins, Johnny Depp produit plus d’étincelles avec son rôle que Nicolas Cage, éternellement énervant. C’est donc tout naturellement son interprétation amusée, qui apporte l’unique touche pétillante à ce mastodonte sans vie, bien que l’on soit en droit de se poser la question, si l’acteur ne se réjouit pas surtout de la somme colossale d’argent que ce rôle emblématique lui apporte, film après film, au lieu de lui trouver des facettes pas encore explorées.
Il n’est pas dans nos habitudes d’évoquer aussi longuement la dimension mercantile d’un film. Hélas, Pirates des Caraïbes La Fontaine de jouvence est principalement un produit d’appel, très creux d’un point de vue cinématographique, dont les bénéfices sont à chercher ailleurs que dans ce que l’on voit à l’écran. Ce n’est pas tant un ratage complet que l’exemple parfait d’une médiocrité ennuyeuse et prévisible, jusqu’à la courte séquence à la fin du générique, qui n’apporte strictement rien à une histoire sans tête, ni queue. Le semblant d’un récit du quatrième film du réalisateur Rob Marshall repose en effet sur la répétition jusqu’à la nausée de séquences parfaitement interchangeables et aléatoires. La progression dramatique n’y a pas plus droit de cité qu’un quelconque attachement aux personnages, tous dépeints avec une superficialité qui forcerait presque le respect, tellement elle procède d’une façon systématique, sans la moindre exception.
La laideur esthétique du film et l’emploi dépourvu d’ingéniosité de la 3D ne sont alors que la cerise sur un gâteau si insipide, qu’il nous a laissé entièrement indifférent. Il serait superflu de s’insurger contre une telle dilapidation de moyens et d’octets – puisqu’il ne faut plus parler de pellicule dans notre ère du tout numérique –, si elle ne monopolisait pas l’attention des spectateurs et les écrans des multiplexes par trois, voire par quatre, au point de faire tomber aux oubliettes de véritables films, qui, eux, ont quelque chose à montrer et à dire, comme l’excellent documentaire Into eternity, pour ne citer que l’exemple le plus flagrant !

Vu le 18 mai 2011, à l’UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 1, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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