Always Pour toujours
Réalisé par Steven Spielberg (1990)
| Durée | 122 minutes |
| Sortie | 14/03/1990 |
| Note | 5/10 |
Le pilote d’avion bombardier d’eau Pete n’aime rien plus que les manœuvres hasardeuses pour combattre le feu dans les montagnes américaines, au grand dam de sa copine, la contrôleuse aérienne Dorinda. Cette dernière lui fixe un ultimatum : soit il accepte le poste tranquille d’instructeur de vol, soit elle le quitte. Déjà résigné à l’idée de se ranger, Pete meurt tragiquement lors de sa dernière intervention. L’occasion lui est cependant donnée de retourner sur Terre en tant qu’esprit, afin de transmettre ses connaissances au pilote débutant Ted, qui est d’ores et déjà tombé sous le charme de Dorinda.
La critique
Par Tootpadu 13/02/2012
Quelques clins d’œil ironiques mais superficiels mis à part, tels le premier plan du film qui voit deux pêcheurs échapper de justesse à une menace guère aussi mortelle que le célèbre requin dans Les Dents de la mer ou celui bien plus tard qui montre Pete sur fond de son avion brillamment éclairé dans la nuit, à l’image de l’arrivée des extra-terrestres dans Rencontres du 3ème type, l’intrigue de Always Pour toujours s’inscrit parfaitement dans le mouvement éphémère à la fin des années 1980 de ces comédies romantiques, dont l’optimisme insouciant n’était dépassé que par un goût assez vain pour la nostalgie d’une époque révolue. On ne sait jamais tout à fait en quelle année l’action plutôt molle du film se déroule, puisque le scénario très conventionnel s’évertue à brouiller les pistes à travers des avions anciens, des chansons rétros et quelques acquis plus récents de la vie courante comme la cassette audio, tous réunis dans une conception abstraite de la campagne américaine, aussi passe-partout que l’univers de Superman. D’ailleurs, le jeune premier du film Brad Johnson, que l’on a à peine revu depuis, se prêterait parfaitement au rôle de Clark Kent, grâce à son charme gauche et à sa bonté simultanément caricaturale et ennuyeuse. L’échec relatif du film ne lui est par contre pas exclusivement imputable, puisque seul John Goodman arrive à insuffler un peu de vigueur et de joie dans cette fantaisie dépourvue de moments magiques.
Lorsque même l’ultime apparition au cinéma de la légendaire Audrey Hepburn sonne faux – ne serait-ce qu’à cause de ce drôle de rite de passage de la coiffure absurde – et que la partition de John Williams n’a strictement rien de majestueux ou d’affectant, il est clair que nous avons surpris Steven Spielberg pendant un mauvais jour, voire carrément une mauvaise période puisque nous n’affectionnons pas non plus les films qu’il a faits avant, le troisième Indiana Jones, et après, Hook. Dans un tel contexte, il serait presque mesquin de revenir sur notre grief perpétuel avec ce réalisateur, qui a beaucoup de mal à terminer correctement ses films. Car même si le dénouement de ce film-ci n’a strictement rien d’enchanteur, il convient à une histoire fantastique contée a priori avec plus de succès par un réalisateur moindre un an plus tard, dans Ghost de Jerry Zucker.
Revu le 9 février 2012, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VO