
| Titre original: | Autre moitié (L') |
| Réalisateur: | Rolando Colla |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 87 minutes |
| Date: | 27 août 2008 |
| Note: | |
Hamid a fui son Algérie natale, après y avoir passé deux ans en prison. Il vit désormais à Bruxelles, marié pour obtenir des papiers européens et à la solde d'un réseau parallèle de transfert d'argent, pour lequel il opère comme coursier. Alors qu'il se sent sous surveillance policière, il reçoit un appel de Louis, son frère qu'il n'a pas vu depuis trente-sept ans. Leur mère aurait eu un accident et elle attendrait Hamid à l'hôpital. Méfiant, Hamid accepte de rencontrer Louis en Suisse, même s'il a tiré un trait sur son passé familial malheureux.
Critique de Tootpadu
Pas le moindre rayon de soleil dans cette co-production suisse-belge, qui plonge avec un désespoir, qui ressemble à du masochisme, dans les retrouvailles sans gloire de deux frères, séparés à l'âge de trois et cinq ans. Le cadre hivernal, les histoires de fric sordides et l'antagonisme dans les rapports fraternels rendent en effet L'Autre moitié assez déplaisant. Rien ne paraît motiver réellement les deux frères, qui vivent de trafics malhonnêtes, et qui mènent autrement une existence sans joie, ni satisfaction. Que la seule envie de Louis d'en savoir plus sur son père est censé propulser l'intrigue dans son ensemble, en dit long alors sur l'état plutôt anémique du scénario.
Celui-ci n'atteint jamais une structure suffisamment pertinente pour justifier les revirements un peu forcés. Entre les couples qui se désagrègent et la police qui ne lâche pas l'affaire, Hamid et Louis se retrouvent dans une misère, à laquelle le film ne propose aucune issue satisfaisante. Constamment à cran, mais jamais à fleur de peau, les deux personnages principaux demeurent hermétiques à la moindre tentative d'identification. En dépit de l'interprétation pas sans intérêt de Kader Boukhanef et Abel Jafri, leur sort nous reste complètement indifférent, dans toute sa médiocrité et son aspiration à une existence misérable.
Enfin, coïncidence de l'agenda des projections oblige, il est étonnant de voir dans deux films de suite, après Parlez-moi de la pluie, un personnage musulman entrer dans une église catholique, sans revendication islamiste, mais sans perte de l'identité religieuse non plus. Et si un semblant oecuménique passait par là : par la rencontre sans préjugé, ni soumission, entre deux mouvements religieux, qui n'ont finalement pas grand-chose en commun ?
Vu le 19 août 2008, au Club de l'Etoile
Note de Tootpadu: