4h44 Dernier jour sur Terre
Réalisé par Abel Ferrara (2012)
| Durée | 85 minutes |
| Sortie | 19/12/2012 |
| Note | 5/10 |
A 4h44 du matin, heure de New York, toute vie sur Terre sera anéantie par un grand spectacle de son et de lumière, déclenché par la disparition de la couche d’ozone. Dans leur penthouse, Cisco et sa copine Skye se préparent à cette mort certaine : en couchant ensemble, en vaquant à leurs occupations artistiques, en prenant les dernières nouvelles de leurs proches, et surtout en s’interrogeant sur le sens de la vie.
Les critiques
Par Mulder 19/09/2011
Dans le cadre des avant-premières du festival de Deauville, la projection de 4:44 Last day on earth nous laisse assez perplexes : pratiquement un seul décor, deux comédiens principaux (Willem Dafeo et Shanyn Leigh) et une thématique d'une fin mondiale à 4 heures 44, heure new-yorkaise au même moment sur le globe.
Ce film permet surtout à son réalisateur de faire un point sur les éléments technologiques actuels et les problèmes de communication qui en découlent. Ce n'est donc pas un hasard de retrouver dans ce film trois produits Apple (portable, iPhone, ipad), l'utilisation de Skype pour discuter à distance. Tous ces produits technologiques font partie de notre vue quotidienne et témoignent du fait que l'homme délaisse de plus en plus la nature au détriment d'une quête sans fin du progrès. De la même manière, l'homme ne lit presque plus et se contente d'apprendre les informations nouvelles via la multitude de chaînes. Ce film marque ainsi quelques points en dressant le portrait d'une société condamnée et courant à sa perte à force d'avoir négligé son environnement.
Cependant, par manque d'un scénario suffisamment construit, l'action piétine et la lenteur du rythme empêche de rentrer dans ce film. Cette oeuvre s'apparente plus à du théâtre filmé et n'arrive pas à retenir notre attention. Venant de la part de Abel Ferrara, nous attendions beaucoup plus qu'un simple film destiné plus à notre petite lucarne que à nos salles de cinéma
Vu le 9 septembre 2011, au Morny, Salle 2, Deauville, en VO
Par Tootpadu 09/09/2011
De cette résignation suprême découle une sorte d’inertie désabusée, qui alterne entre la banalité des gestes quotidiens et la frénésie de vivre consciemment ses dernières heures, sans réellement savoir comment s’adapter à cette situation exceptionnelle, voire fatalement unique. Puisque nous nous trouvons face à la version de Abel Ferrara – un réalisateur dont les préoccupations thématiques s’étendent de la sexualité la plus crue jusqu’à l’autre extrême, une foi catholique au symbolisme appuyé –, cette fin du monde aurait dû déborder d’une énergie autodestructrice, associée à une étude poussée sur la culpabilité de l’homme dans ce cataclysme naturel. La période de la colère et de l’excès parait définitivement derrière le réalisateur de The King of New York et de Bad lieutenant, désormais plus en phase avec une vision spirituelle du monde, comme dans Mary.
Or, les deux personnages principaux de ce film-ci n’aspirent pas à un processus de purification de l’âme, avant de se diriger vers la grande lumière blanche. Ils baisent. Ils s’engueulent et refont la paix. Ils revivent par procuration les différentes étapes de leur existence, sans en tirer pour autant une forme de clairvoyance ultime, de toute façon inutile vu les circonstances. En somme, ils sont dans l’impossibilité de modifier le cours des choses ou de rajouter ne serait-ce qu’une seconde à leur vie en sursis. A moins de vouloir être volontairement déçus par ce film un peu trop défaitiste à notre goût, vous devriez donc vous attendre à une intrigue qui piétine de son plein gré, afin de mieux démontrer – malgré tout avec une certaine subtilité – que l’homme ne saura jamais échapper à ses imperfections et au bagage de son passé, même dans le contexte le plus dramatique imaginable.
Vu le 9 septembre 2011, au Morny, Salle 2, Deauville, en VO