Crashout

Réalisé par Lewis R. Foster (1954)

Gangster
Crashout
Durée 87 minutes
Sortie 30/11/1954
Note 6/10

Grâce à une mutinerie dans leur prison, un groupe de détenus, pour la plupart condamnés à perpétuité, réussissent à s’évader. Six d’entre eux trouvent refuge dans une grotte dans les montagnes, la cachette parfaite pour attendre que les recherches policières suivent d’autres pistes. Au bout de quelques jours, les prisonniers veulent partir, en abandonnant leur meneur Van Duff, grièvement blessé. Mais ce dernier les convainc de rester et de le soigner, en échange d’une partie de l’argent qu’il avait caché après avoir braqué une banque.

La critique

Par Tootpadu 07/07/2011

Des décors en carton-pâte aux effets de neige assez risibles à la fin, en passant par une distribution de seconds couteaux qui n’a pas dû coûter cher, les limites budgétaires de cette production indépendante sont clairement visibles. Et pourtant, Crashout appartient à ces séries B fort honnêtes, qui ne prétendent à rien d’autre qu’à divertir le spectateur à travers un spectacle viscéral.
Les taulards que le récit suit de près dans leur fuite effrénée, ne sont en effet pas – à une ou deux exceptions près – des héros larvés que la liberté retrouvée lavera subitement et miraculeusement de leurs péchés passés. Ce sont au contraire des psychopathes tellement à cran qu’ils finiront par s’entre-tuer un par un, sans une contribution notable de la part des forces de l’ordre. La mécanique de l’intrigue s’emploie en effet principalement à un jeu malicieux d’élimination, qui ne laissera qu’un seul homme debout, peut-être pas le plus malin, mais celui dont l’ambiguïté morale sauve in extremis le film d’une conclusion aussi impitoyable que le périple haletant des évadés.
La mise en scène vigoureuse de Lewis R. Foster sait maintenir la tension à la fois lors du huis-clos initial et pendant les différentes étapes, quelque peu répétitives, de la fuite. Elle n’arrive certes pas à élever cette histoire crue et tendue au niveau d’un chef-d’œuvre mineur du genre, mais son manque d’ambitions exagérées convient finalement au ton plutôt sobre de cette chasse à l’homme, dont le dénouement vaguement édifiant peut être considéré comme le seul point faible.

Vu le 6 juillet 2011, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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