All she can
Réalisé par Amy Wendel (2010)
| Durée | 95 minutes |
| Sortie | 30/11/2010 |
| Note | 7/10 |
Avec son frère aîné J.M., qui fait son service militaire en Afghanistan, la jeune Luz Garcia s’est jurée de tout faire pour partir de la petite bourgade au sud du Texas où elle a grandi. Puisque sa mère refuse de se porter garante pour un prêt étudiant, Luz mise son avenir sur les qualifications au championnat de haltérophilie. Or, seule la meilleure athlète de tout l’état du Texas peut prétendre à une bourse pour aller à l’université. Quand la probabilité d’une victoire diminue, Luz fait appel à des moyens illégaux pour réussir.
Les critiques
Par Mulder 15/09/2011
Amy Wendel est clairement une grande réalisatrice et l'une des principales découvertes de la sélection officielle 2011. Son film est une histoire universelle et traite de l'accès à la culture (universitaire) pour les zones les plus démunies des Etats-Unis, tout en dressant un portrait plutôt noir de l'armée américaine qui profite du malheur des plus pauvres pour en faire des soldats américains prêt à mourir pour leur pays. La réalisatrice profite également de ce film pour nous montrer les problèmes rencontrés par l'état du Texas, soit les contrôles journaliers anti-drogues des étudiants et ceux de l'immigration clandestine.
Partant d'un postulat de film sportif, elle en dynamite le genre et livre le beau portrait d’une femme rebelle, prête à tout pour aller étudier en université. Contrairement au personnage de Rocky Balboa, Luz franchit le cadre légal, mais se repent au dernier moment. Faute de réussir une carrière d'haltérophile, elle passera par une période de rébellion, mais finira par se reprendre et continuer son cycle universitaire.
Ce qui frappe dans ce film, c’est la peinture très réaliste et anti-hollywoodienne de cette Amérique profonde, où les individus sont pratiquement obligés de recourir à des méthodes en dehors du cadre légal pour survivre. Nous sommes donc très loin des stéréotypes dont nous abreuve le cinéma hollywoodien.
Un film à découvrir d'urgence en salle.
Vu le 8 septembre 2011, au C.I.D., Deauville, en VO
Par Tootpadu 08/09/2011
L’éthique de travail reste à peu près intacte tout au long de All she can. Mais la protagoniste, aussi déterminée qu’irascible, devra se confronter à quelques défis adroitement amenés avant de pouvoir reprendre une route vers l’épanouissement personnel, plus longue et sans doute plus épineuse que son plan initial de se qualifier pour la cour des grands grâce à sa seule force physique, obtenue par le biais d’un entraînement draconien. Le parcours en dents de scie de Luz n’a sur le papier rien d’exceptionnel. La narration sait cependant l’investir d’une sincérité et d’une humanité nullement étrangères à l’impact émotionnel du film. La leçon principale de ce récit d’une force édifiante crédible – de ne jamais perdre de vue l’objectif peu importe les retournements de fortune et les impasses au début si séduisantes – y est administrée sans faux semblant, ni posture hypocrite par rapport au comportement rarement très sage des personnages.
Dépourvu de raccourcis faciles pour célébrer le courage du personnage principal et tout à fait conscient du dilemme fatal auquel la jeunesse américaine est actuellement confrontée par le biais du choix cornélien entre la peste et le choléra, l’engagement militaire et l’endettement permanent, ce film compte indéniablement parmi les bonnes surprises de ce festival de Deauville !
Vu le 8 septembre 2011, au C.I.D., Deauville, en VO