Carré blanc
Réalisé par Jean-Baptiste Léonetti (2011)
Science-fiction, Interdit aux moins de 16 ans
| Durée | 80 minutes |
| Sortie | 07/09/2011 |
| Note | 4/10 |
Dans un monde déshumanisé, Philippe et Marie se sont rencontrés dans un orphelinat. Des années plus tard, ils se sont mariés. Alors que Philippe conduit pour le compte de son entreprise des entretiens d’embauche et des évaluations de l’esprit d’équipe parmi ses collègues, Marie rêve de remplir le vide de son existence par un enfant. Mais son mari ne veut pas d’une famille, qui lui rappellerait la perte douloureuse de sa propre mère.
La critique
Par Tootpadu 26/08/2011
Même si ce premier film ne nous a pas forcément incités à imiter la plupart des personnages, qui sont tôt ou tard amenés à se jeter par la fenêtre, l’agencement peu concluant de ses éléments disparates nous a pour le moins laissés sur notre faim. Pourtant, tout n’est pas à écarter dans Carré blanc. A l’image du logo omniprésent de l’entreprise qui récupère les cadavres pour en faire de la nourriture – ce qui constitue bien sûr une référence directe à Soleil vert de Richard Fleischer –, les différentes parties du film évoluent dans une sorte d’autonomie hermétique, qui s’avère hautement préjudiciable pour la consistance dramatique de l’ensemble.
Seule la représentation d’un monde du travail cynique trouve ainsi notre approbation. Les différents exercices par lesquels Philippe fait passer les postulants témoignent d’une absence totale de respect à leur égard. Ce mépris devient encore plus cruel parce que ces pions d’une hiérarchie professionnelle impitoyable se laissent délibérément faire, peu importe le caractère dégradant de ces tests, par ailleurs faciles à résoudre à condition de faire preuve d’un minimum de raisonnement logique. Si la mise en scène de Jean-Baptiste Léonetti poursuivait une ambition militante à travers le portrait déplaisant de cette forme la plus sadique de l’exploitation au travail, son film aurait pu prétendre à être le pamphlet parfait en faveur de la cause syndicale.
Or, dès l’apparition de l’aspect annexe inhérent à ces rapports de soumission volontaire, c’est-à-dire d’une violence gratuite qui n’entraîne aucune répression légale, la clarté du propos s’estompe au profit d’un conte futuriste bancal. Le décor urbain y est certes marqué par une tonalité profondément inhumaine, qui passe avant tout par les directives infantilisantes que les haut-parleurs diffusent en continu. Mais cette brutalité des mœurs, ainsi que sa banalisation, sont démenties assez maladroitement par l’arrivée finale d’une force qu’on devine policière aux portes de l’appartement du couple. De même, la stylisation de l’image, qui déborde de zones d’ombre, ne trouve nullement un écho satisfaisant du côté du cœur de l’intrigue, qui est censé être la relation conflictuelle entre Marie et Philippe. La faiblesse du pilier majeur d’un récit, qui devient trop abstrait là où justement un peu plus de rigueur pragmatique aurait été de mise, n’est par contre guère imputable à Sami Bouajila et Julie Gayet. Ces deux comédiens assez éclectiques, voire courageux dans leurs choix de films, n’apparaissent dans celui-ci que pendant la dernière heure. C’était sans doute trop court pour rendre leurs personnages réellement assoiffés d’un semblant de vie, vers lequel ils se dirigent sans trop de conviction à la fin de ce film désagréablement inégal.
Seule la représentation d’un monde du travail cynique trouve ainsi notre approbation. Les différents exercices par lesquels Philippe fait passer les postulants témoignent d’une absence totale de respect à leur égard. Ce mépris devient encore plus cruel parce que ces pions d’une hiérarchie professionnelle impitoyable se laissent délibérément faire, peu importe le caractère dégradant de ces tests, par ailleurs faciles à résoudre à condition de faire preuve d’un minimum de raisonnement logique. Si la mise en scène de Jean-Baptiste Léonetti poursuivait une ambition militante à travers le portrait déplaisant de cette forme la plus sadique de l’exploitation au travail, son film aurait pu prétendre à être le pamphlet parfait en faveur de la cause syndicale.
Or, dès l’apparition de l’aspect annexe inhérent à ces rapports de soumission volontaire, c’est-à-dire d’une violence gratuite qui n’entraîne aucune répression légale, la clarté du propos s’estompe au profit d’un conte futuriste bancal. Le décor urbain y est certes marqué par une tonalité profondément inhumaine, qui passe avant tout par les directives infantilisantes que les haut-parleurs diffusent en continu. Mais cette brutalité des mœurs, ainsi que sa banalisation, sont démenties assez maladroitement par l’arrivée finale d’une force qu’on devine policière aux portes de l’appartement du couple. De même, la stylisation de l’image, qui déborde de zones d’ombre, ne trouve nullement un écho satisfaisant du côté du cœur de l’intrigue, qui est censé être la relation conflictuelle entre Marie et Philippe. La faiblesse du pilier majeur d’un récit, qui devient trop abstrait là où justement un peu plus de rigueur pragmatique aurait été de mise, n’est par contre guère imputable à Sami Bouajila et Julie Gayet. Ces deux comédiens assez éclectiques, voire courageux dans leurs choix de films, n’apparaissent dans celui-ci que pendant la dernière heure. C’était sans doute trop court pour rendre leurs personnages réellement assoiffés d’un semblant de vie, vers lequel ils se dirigent sans trop de conviction à la fin de ce film désagréablement inégal.
Vu le 25 août 2011, au Club Marbeuf
★★★★☆☆☆☆☆☆
4/10