Monsieur Popper et ses pingouins

Réalisé par Mark S. Waters (2011)

Comédie
Monsieur Popper et ses pingouins
Durée 95 minutes
Sortie 20/07/2011
Note 6/10

Tom Popper est un des plus brillants agents immobiliers de New York. Il est à deux doigts de devenir le co-président de son agence prestigieuse, quand son père disparaît et lui lègue un pingouin vivant. Alors que Popper est nullement enchanté par cet héritage d’un père explorateur qu’il n’a guère connu, il se retrouve en fin de compte avec six pingouins sur les bras, suite à un malentendu avec l’expéditeur de cette marchandise encombrante. Dès lors, tous les moyens paraissent légitimes à Popper pour s’en débarrasser, jusqu’à ce qu’il découvre que ses enfants, dont il a la garde alternée, adorent ces drôles d’oiseaux arctiques.

Les critiques

Par Mulder 24/08/2011

Si je ne devais retenir que deux comiques américains ayant marqué le cinéma américain actuel et dignes héritiers de Charlie Chaplin et Buster Keaton, je ne retiendrais que Jim Carrey et Adam Sandler. Faire rire est malgré ce que l’on pense beaucoup plus difficile qu’émouvoir un public. Contrairement à un Eddie Murphy qui, après avoir marqué les années 1980, n’a pas réussi à se renouveler, Jim Carrey a réussi à garder une certaine intégrité professionnelle et a su montrer qu’il était un pur génie comique et un acteur complet.

La comédie familiale est une sous-catégorie très ancienne de la comédie. Bons sentiments, sens familial, repentir du personnage principal (divorcé et en quête pour reconquérir son ex-femme). Rien ne pourrait distinguer cette petite comédie sans la valeur ajoutée d'un Jim Carrey. Les pingouins du film sont là pour montrer au héros le sens de la vie et c'est en cela que ce film est attachant sans être original et sans apporter une note d'innovation. Il nous renvoie aux films de Frank Capra, dont il est le digne descendant. Comme dans La Vie est belle, le personnage principal va se rendre compte de ce qui est important dans la vie.

Là où le bas blesse, c’est dans la mollesse de la mise en scène guère innovante. Le réalisateur filme platement son film sans chercher aucune innovation. Pur produit marketing stylisé et permettant à Jim Carrey de regagner les faveurs de son public après les semi-échecs de ses films précédents. Mission guère réussie au vu du box-office américain. Les Américains ne sont plus de grands partisans de ces comédies familiales aseptisées. Hormis le succès cet été des Schtroumpfs, les comédies qui ont réellement cartonné sont des comédies plus adultes (Crazy stupid love, Echange standard, Sexe entre amis). Jim Carrey semble avoir perdu son public, car sa recette reste la même et devrait être améliorée et réadaptée à nos années actuelles.

Ce film se laisse voir si, comme moi, vous êtes des fans de Jim Carrey ou souhaitez voir un film familial politiquement correct. Pour les autres, préférez plutôt les films cités ci-dessus.

Vu le 31 juillet 2011, au Gaumont Disney Village, Salle 10, en VF

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

Par Tootpadu 15/08/2011

Jim Carrey revient dans cette comédie familiale à ses premiers amours, c’est-à-dire à l’interaction forcée entre des animaux et ses propres acrobaties faciales du temps d’Ace Ventura. Il n’y aurait a priori rien à reprocher à ce retour aux sources, si seulement il pouvait se montrer moins dépendant du ton lourdement édifiant de ce conte sirupeux. Au lieu d’occuper le centre de l’attention et de créer un divertissement bon enfant, les pingouins y sont au mieux un prétexte pour amorcer la trajectoire indigeste du protagoniste, qui devient in extremis un père exemplaire tout en renouant avec sa carrière professionnelle sous le signe d’un altruisme passe-partout. Car ce n’est pas tant le volontarisme sucré, omniprésent dans la moindre séquence de Monsieur Popper et ses pingouins, qui nous en a dégoûtés, mais la façon très schématique et nullement crédible d’agencer cette rédemption aussi prévisible qu’ennuyeuse.
L’humour selon Jim Carrey ne s’est jamais distingué par sa finesse. Il a cependant fallu attendre la rencontre du comédien avec un réalisateur aussi routinier que Mark S. Waters pour que cette exubérance corporelle et vocale s’écrase honteusement devant les exigences d’un scénario au parfum consensuel et fade. Nous sommes habituellement les premiers à dénoncer la nature insipide des productions Disney, en dehors de leur fond de commerce principal du côté de l’animation. Or, même la maison de Mickey aurait sans doute apporté un peu plus d’originalité et de rigueur à l’histoire d’un père trop ambitieux, qui revient dans le droit chemin d’une famille proprette grâce à un bon conseil posthume, que cette production de la Fox. Les bons sentiments y sont en effet dispensés sans la moindre modération, et sans une considération particulière non plus pour la cohérence des personnages.
Au mieux, cet enchaînement peu soigné d’enfantillages nous a donc laissés indifférents. Il nous aura au moins permis de retrouver la légendaire Angela Lansbury sur grand écran, dans le rôle de la protectrice d’un héritage d’authenticité et d’humanité à l’ancienne, dont cette comédie bancale n’a aucunement retenu les leçons essentielles. Et puis, quitte à régresser jusqu’aux pitreries du début de sa carrière dans un film aussi médiocre que celui-ci, Jim Carrey est pour le meilleur – et hélas plus souvent pour le pire – tout ce qu’il nous reste de la tradition inestimable du rire au cinéma, qui a pris son origine auprès des grands comiques du muet comme Charles Chaplin, dont les chefs-d’œuvre intemporels ne servent apparemment plus désormais qu’à hypnotiser des pingouins.

Vu le 15 août 2011, à l’UGC Forum Orient Express, Salle 4, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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