Oxygène

Réalisé par Hans Van Nuffel (2011)

Drame de maladie
Oxygène
Durée 103 minutes
Sortie 12/10/2011
Note 6/10

Atteint depuis l’enfance de la mucoviscidose, Tom Van Dam doit passer à intervalles réguliers à l’hôpital. Il y fait la connaissance de Xavier, plus âgé que lui et souffrant de la même maladie, et d’Eline, une adolescente confinée en chambre d’isolement. Alors que Tom redoute de finir comme son frère aîné Lucas, en attente d’une greffe des poumons, il reprendrait presque goût à la vie au contact de ses nouveaux amis, qui lui font oublier que sa maladie équivaudra tôt ou tard à un arrêt de mort.

La critique

Par Tootpadu 22/06/2011

Il y a pas mal de choses d’une évidence banale à noter au sujet de ce premier film belge. A commencer bien entendu par son lien avec l’univers de Star Wars, qui est certes revendiqué par le biais de l’identification du jeune Tom avec Dark Vador et sa respiration difficile, mais qui passe avant tout par la ressemblance troublante entre Stef Aerts, le portrait craché de Anakin Skywalker dans le rôle de Tom, et Hayden Christensen. De même, les conventions du drame de maladie avec ses passages obligés paraissent parfois insurmontables pour Oxygène. Rares sont en effet les films comparables ayant su s’affranchir de l’influence néfaste du milieu hospitalier et d’une situation de départ, qui contient d’emblée la résignation en une mort certaine du porteur d’une pathologie orpheline. Filmer la maladie, cela revient en quelque sorte à anticiper la mort au bout d’un combat perdu d’avance, à moins qu’on suive la voie plus rassurante et facile du cinéma américain, où un remède miracle apparaît in extremis pour prolonger artificiellement l’espérance de vie.
Or, c’est justement la facilité que le jeune réalisateur Hans Van Nuffel fuit comme la peste. A deux exceptions près où l’arrivée d’une greffe coïncide d’une manière un peu trop poussive avec un semblant de bonheur retrouvé, le récit ne s’abaisse guère au niveau du chantage sentimental. Le protagoniste n’est pas du tout un patient exemplaire, dont la moindre parole respirerait une sagesse précoce, apprise de force par l’obligation de vivre plus vite que les personnes en bonne santé. Il se trouve plutôt désemparé face à une situation déprimante à laquelle il ne sait pas s’extraire, voire qui le pousse vers un parcours d’autodestruction volontaire. Comment en effet construire une existence, apprendre un métier, tomber amoureux, si le compte à rebours d’une maladie sournoisement mortelle est déclenché depuis le plus jeune âge ?
Le véritable point d’impact émotionnel du film repose précisément sur son refus de fournir une réponse toute faite et définitive à cette question essentielle. Alors que chaque fondu au noir peut signifier la fin du calvaire – ou bien laisser une ultime lueur d’espoir en suspension comme lors de la fin ouverte, belle et triste –, Tom et ses proches restent profondément humains, et donc faillibles. Ce n’est pas parce qu’il se trouve au seuil de la mort que ce jeune adulte en quête d’un but illusoire pour sa vie en sursis va soudainement se réconcilier avec tout le monde. Et le fait d’exclure largement le personnel soignant de cette équation touchante entre la vie et la mort ne fait qu’accentuer encore l’impuissance et l’isolation des malades. La lucidité ne fait ainsi jamais défaut à Tom et Xavier, des compagnons d’une mort annoncée qui cherchent à arracher néanmoins quelques jours qui valent la peine d’être vécus à leur existence, entachée d’une conclusion prédéterminée.

Vu le 22 juin 2011, au Club 13, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

Retour à la liste des Critiques