Un été italien
Réalisé par Michael Winterbottom (2009)
Drame familial
| Durée | 93 minutes |
| Sortie | 15/04/2009 |
| Note | 6/10 |
Six mois après la mort de sa femme Marianne dans un accident de voiture, le professeur Joe emmène ses deux filles Kelly et Mary en Italie. Barbara, une vieille amie du temps de ses études à Harvard, lui a trouvé un poste à l'université de Gênes pendant un an. En attendant que l'école reprend à la rentrée, Joe donne des cours d'été et ses filles prennent des leçons de piano.
La critique
Par Tootpadu 04/03/2009
Il n'y a plus aucun doute, le thème principal de ce printemps de cinéma est celui, bien morbide, du matricide. En termes de sorties, un mois après Loin de la terre brûlée de Guillermo Arriaga et une semaine avant Le Secret de Lily Owens de Gina Prince-Bythewood, voici le troisième film cette saison qui explore les conséquences douloureuses de la disparition brutale de la mère. Ces trois films se distinguent certes radicalement dans leur traitement de ce sujet délicat. Mais il n'en reste pas moins préoccupant de voir un tel malheur condensé s'abattre sur les personnages maternels.
Fidèle au style nerveux de Michael Winterbottom, Un été italien est une histoire de deuil guère morose. Le décor ensoleillé de l'Italie permet en effet de mettre en perspective la coupure traumatisante de la disparition de la mère dans la vie de cette famille autrement très ordinaire. La pause estivale ne fournit pas tellement aux survivants l'occasion de se retrouver. Elle met plutôt à nu leurs blessures psychologiques, qu'ils affrontent chacun à sa façon. Faute de l'influence, que l'on suppose fédératrice, de la mère, la famille se désagrège progressivement. Tandis que Mary, la plus jeune, n'est prête à admettre ni l'absence de sa mère, ni sa part de responsabilité dans l'accident, sa soeur Kelly vit un été d'adolescence typique, sans engagement romantique excessif, à l'encontre des jeunes touristes dans I love you Je t'aime de George Roy Hill. Enfin, le père subit la même perte de repères que ses filles, puisqu'il se laisse séduire sans grande conviction par une étudiante.
Toujours aussi peu friand d'événements dramatiques plus grands que nature, à l'exception de l'élément déclencheur de l'intrigue, Michael Winterbottom continue avec ce film à affiner son style particulier et de plus en plus reconnaissable. Son récit ne se conforme pas à une structure narrative classique et ses emprunts esthétiques rompent sensiblement avec les films conventionnels, qui évoquent le séjour de personnages américains à l'étranger.
Justement, l'image qu'il donne de l'Italie se développe en dehors des sentiers battus du tourisme de masse ou des clichés de la menace étrangère. Au lieu de répéter bêtement les poncifs d'une agressivité machiste ou d'un idéal abstrait fait de pâtes et de scooters, Winterbottom se réapproprie, pas sans élégance, ces caractéristiques italiennes pour mieux les intégrer dans son conte au ton suspendu, sur un deuil qu'il n'est pas encore temps de clore.
Fidèle au style nerveux de Michael Winterbottom, Un été italien est une histoire de deuil guère morose. Le décor ensoleillé de l'Italie permet en effet de mettre en perspective la coupure traumatisante de la disparition de la mère dans la vie de cette famille autrement très ordinaire. La pause estivale ne fournit pas tellement aux survivants l'occasion de se retrouver. Elle met plutôt à nu leurs blessures psychologiques, qu'ils affrontent chacun à sa façon. Faute de l'influence, que l'on suppose fédératrice, de la mère, la famille se désagrège progressivement. Tandis que Mary, la plus jeune, n'est prête à admettre ni l'absence de sa mère, ni sa part de responsabilité dans l'accident, sa soeur Kelly vit un été d'adolescence typique, sans engagement romantique excessif, à l'encontre des jeunes touristes dans I love you Je t'aime de George Roy Hill. Enfin, le père subit la même perte de repères que ses filles, puisqu'il se laisse séduire sans grande conviction par une étudiante.
Toujours aussi peu friand d'événements dramatiques plus grands que nature, à l'exception de l'élément déclencheur de l'intrigue, Michael Winterbottom continue avec ce film à affiner son style particulier et de plus en plus reconnaissable. Son récit ne se conforme pas à une structure narrative classique et ses emprunts esthétiques rompent sensiblement avec les films conventionnels, qui évoquent le séjour de personnages américains à l'étranger.
Justement, l'image qu'il donne de l'Italie se développe en dehors des sentiers battus du tourisme de masse ou des clichés de la menace étrangère. Au lieu de répéter bêtement les poncifs d'une agressivité machiste ou d'un idéal abstrait fait de pâtes et de scooters, Winterbottom se réapproprie, pas sans élégance, ces caractéristiques italiennes pour mieux les intégrer dans son conte au ton suspendu, sur un deuil qu'il n'est pas encore temps de clore.
Vu le 4 mars 2009, au Club de l'Etoile, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10