Prodigies (The)
Réalisé par Antoine Charreyron (2011)
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 08/06/2011 |
| Note | 6/10 |
Admis dans un hôpital psychiatrique suite à un drame familial qui l’a rendu orphelin, le jeune Jimbo Farrar est recueilli par le fortuné Killian, le seul à reconnaître le potentiel de ses dons psychiques. Devenu vingt ans plus tard un professeur brillant et le principal animateur de la fondation de son bienfaiteur, Jimbo se réjouit d’avoir trouvé cinq adolescents qui ont simultanément réussi un test de sélection secret disponible en ligne. Alors que Jimbo espère donner à ces jeunes recrues la confiance nécessaire pour vivre sans honte leur différence, la mort inopinée de Killian l’oblige à les prêter à un concours télévisé qui cherche les génies de demain de l’Amérique.
La critique
Par Tootpadu 22/06/2011
L’antagonisme entre Jimbo, l’avocat d’un usage altruiste de ses capacités mentales, et les cinq jeunes prodiges, qui, eux, comptent bien se venger de l’humanité toute entière pour une enfance misérable, se met ainsi rapidement en place, au point de donner dans le meilleur des cas un aperçu superficiel des motivations des personnages. L’attention au détail ne fait d’ailleurs pas partie des points forts de la mise en scène d’Antoine Charreyron. Celle-ci s’affirme davantage dans la création d’un monde virtuel au sein duquel le récit passe adroitement du rêve à la réalité, et de la représentation truquée de l’affrontement dans les médias à une vision très subjective des choses. Les propos assez durs par rapport à la mainmise desdits médias sur le fonctionnement du monde futuriste exposé efficacement, quoique pas forcément d’une façon visionnaire ici, sont d’autant plus étonnants que le film est distribué en France par la Warner, une multinationale peut-être plus ouverte d’esprit que ses concurrents, mais dont le but principal consiste malgré tout à rapporter de l’argent.
Cette nécessité de ne pas trop sortir des sentiers battus se fait surtout désagréablement ressentir au moment du revirement final, quand les enfants infernaux ont la permission temporaire de se ressaisir, voire de se repentir de leurs méfaits. Heureusement, le reste de cette histoire assez vigoureuse ne craint pas la noirceur de l’action et des idées, dans un environnement visuel qui démontre une fois de plus, après Le Chat du rabbin de Joann Sfar et Antoine Delesvaux pour ne citer que lui, la capacité de l’animation européenne de rivaliser sur le marché du relief avec les mastodontes américains.
Vu le 22 juin 2011, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 10