Déjeuner du 15 août (Le)

Réalisé par Gianni Di Gregorio (2009)

Comédie
Déjeuner du 15 août (Le)
Durée 75 minutes
Sortie 11/03/2009
Note 6/10

Alors que la plupart des habitants de Rome ont fui la chaleur de la ville en ce pont du 15 août, Gianni est resté près de sa mère âgée, dont il s'occupe jour et nuit. Dans l'impossibilité depuis des années de payer les charges de la copropriété, Gianni accepte la proposition d'Alfonso, le responsable du syndic, de garder la mère de celui-ci pendant quelques jours contre l'effacement de cette dette. Mais finalement, la mère ne vient pas seule, et avant qu'il ne puisse s'en défendre, Gianni se retrouve en charge d'un petit groupe de dames âgées.

La critique

Par Tootpadu 13/01/2009

Les fils à maman sont une particularité sociale assez répandue en Italie. Il doit y avoir quelque chose dans le caractère des mères italiennes, ces "mamma Roma", qui fait que leurs fistons, des machos de pacotille, demeurent incapables de voler de leurs propres ailes pour fonder à leur tour une famille. Cette dépendance excessive entre les générations pourrait fournir une matière abondante pour une farce moqueuse. Mais telle n'est pas la démarche de Gianni Di Gregorio, un des scénaristes de Gomorra, pour son premier film en tant que réalisateur.
Di Gregorio privilégie davantage un ton ironique, qui insiste bien sur l'absurdité de certaines situations, sans mettre en question la dignité de ses personnages. Aussi capricieuses que des enfants mal élevés, les vieilles dames donnent évidemment du fil à retordre au pauvre Gianni. Mais les moments de tension sont invariablement désamorcés par le sens diplomatique du hôte et ses besoins financiers. La dimension économique de l'intrigue n'est en effet nullement escamotée, puisque c'est avant tout l'argent, bien plus que l'altruisme, qui permettra à l'aventure de continuer.
Enfin, les déboires de la vieillesse sont évoqués sans malice. Alors que les rares personnes âgées que l'on voit de nos jours au cinéma sont majoritairement pimpantes, d'une façon ou d'une autre, ou au contraire, au seuil de la mort et juste bonnes à transmettre un dernier message édifiant, le groupe de mères acariâtres se démarque par un naturel sans fard. Leur temps de vie important a laissé des traces physiques et mentales apparentes, qu'elles n'affichent cependant pas outre mesure. La quiétude estivale et la patience calculatrice de Gianni parfont alors l'impression d'une petite comédie très plaisante et passablement espiègle.

Vu le 8 janvier 2009, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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