Voir la mer
Réalisé par Patrice Leconte (2011)
| Durée | 91 minutes |
| Sortie | 04/05/2011 |
| Note | 4/10 |
Afin de permettre à son frère aîné Clément de se remettre d’une rupture récente, Nicolas lui propose de rendre visite à leur mère souffrante, à Saint Jean de Luz. La veille du départ, il fait la connaissance de la belle Prudence, qui souhaite participer au voyage pour se soustraire à son compagnon envahissant Max, un représentant en bijouterie. A peine partis en stop vers le sud, les deux frères et leur nouvelle copine sont poursuivis par Max, en proie à un grand dépit d’amour. Leur cavale n’a par contre pas que de mauvais côtés, puisque Prudence séduit Nicolas et Clément, en même temps et en toute liberté.
La critique
Par Tootpadu 12/05/2011
On ne sait en effet jamais trop si l’on doit rire ou pleurer face à cette romance peu substantielle. On rirait bien des maladresses formelles de la narration, guère aidée par un montage décousu, qui est sans doute censé conférer un aspect contemporain à Voir la mer. Simultanément, l’éternelle incapacité de Patrice Leconte d’atteindre le but qu’il semble s’être fixé nous inspire presque de la pitié, tant l’écart entre l’ambition et le savoir faire du réalisateur s’agrandit de film en film. Car les pistes vaguement subtiles de ce qui aurait pu apparaître à l’écran sont bien présentes dans cet imbroglio de sentiments, de séparations, et d’incidents sur la route somme toute assez anodins. Le ton incertain avec lequel la narration les enchaîne produit hélas de la confusion, voire du dégoût, là où un réalisateur au langage filmique plus fin aurait pu créer une montagne russe des sentiments infiniment plus prenante.
Il ne reste donc plus que la belle Pauline Lefèvre, la seule révélation du film, pour maintenir un attrait tout relatif dans cette histoire aux personnages autrement inexistants. On lui prédirait volontairement une carrière brillante dans le cinéma français, si l’emploi réducteur que Patrice Leconte fait d’elle ne ressemblait pas dangereusement au rôle de faire-valoir que Nora Arnezeder avait tenu dans Faubourg 36 de Christophe Barratier. La pauvre Pauline risque par conséquent de devenir le souvenir lointain de la seule touche de sensualité et d’humanité dans le cadre d’un film sinon entièrement négligeable.
Vu le 11 mai 2011, au MK2 Nation, Salle 3