Moi, Michel G. milliardaire maître du monde
Réalisé par Stéphane Kazandjian (2011)
| Durée | 88 minutes |
| Sortie | 27/04/2011 |
| Note | 4/10 |
Le réalisateur Joseph Klein s’apprête à tourner un documentaire sur les revers du néo-libéralisme. Il souhaite mettre l’entrepreneur Michel Ganiant, une des plus grosses fortunes de France, au cœur de son sujet. Alors que l’intéressé est d’abord évasif, il se plie en fin de compte à l’exercice de la transparence, dont il a fait son image de marque. Encadré par un contrat de confidentialité, l’équipe de Klein suit donc le moindre pas de l’homme d’affaires, qui lance clandestinement une opération de rachat de son concurrent Prévost.
La critique
Par Tootpadu 29/04/2011
Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du monde ressemble en effet à ces faux pamphlets contre l’influence néfaste de l’argent qui pullulent à la télévision, mais qui se contentent simplement à enregistrer la décadence des classes dirigeantes, parfois même avec un clin d’œil admiratif. La véritable substance sociale du film est hélas minime, puisque ce dernier se trouve complètement absorbé dans son dispositif onaniste. Naturellement, le scénario met à contribution toutes les anecdotes qui ont pimenté récemment la grogne sociale, comme la séquestration des patrons par exemple. Mais il ne tire de ce rapport opportuniste à l’actualité aucune pertinence ou lucidité, quant aux sombres affaires qu’il est supposé dénoncer.
Par conséquent, il n’y a rien d’autre à tirer de ce film que de l’agacement : celui dû aux personnages aussi antipathiques d’une face de la médaille que de l’autre ; celui provoqué par un propos dangereusement édenté surtout par les temps qui courent, qui nécessiteraient au contraire une voix filmique hargneuse, capable d’éveiller notre conscience sociale, endormie par notre confort tout relatif ; et enfin cette résignation plus durable et plus profonde, que pour le cinéma français, la contestation intelligente et intransigeante, porteuse de vrais principes, appartient définitivement au passé.
Vu le 28 avril 2011, au MK2 Bibliothèque, Salle 8