War Inc.
Réalisé par Joshua Seftel (2011)
| Durée | 103 minutes |
| Sortie | 08/06/2011 |
| Note | 4/10 |
Brand Hauser est un tueur à gages, qui travaille pour le compte de Tamerlane, une puissante entreprise multinationale, dont les troupes privées viennent d'occuper le Turakistan. Mais le ministre du pétrole Omar Sharif ne veut pas se plier aux exigences de Tamerlane et prépare la construction d'une pipeline personnelle. Hauser est alors chargé de l'assassiner. Sa couverture est une foire industrielle, censée promouvoir l'économie américaine, qui culminera avec le mariage de Yonica Babyyeah, une pop star locale.
La critique
Par Tootpadu 29/04/2009
Pour son premier long-métrage de fiction, le réalisateur Joshua Seftel entretient visiblement de telles ambitions : rendre compte, tout en la critiquant, de la politique mercantile de l'envahisseur américain, à moins que l'argent n'ait déjà pris le dessus sur le simulacre de la démocratie occidentale. Le placement idéologique de War Inc. est ainsi des plus honorables, puisqu'il s'efforce de dévoiler les rouages de la machine médiatique et morale de l'Amérique contemporaine. Hélas, l'exécution de ce plan d'attaque contre l'hégémonie de l'Oncle Sam est complètement ratée et ne séduit que par sa capacité, qui borde à l'entêtement, d'y inclure d'une manière improbable tous les aspects qui participent, de près ou de loin, au déclin de l'empire américain.
Le scénario, co-signé par un Jeremy Pikser dont nous chérissions jusqu'à présent la plume cinglante grâce à son chef-d'oeuvre satirique Bulworth de Warren Beatty, est d'une ineptie totale, lorsqu'il s'agit de rassembler les fils divergents de l'intrigue. Entre le charabia soûlant du tueur en pleine crise existentielle et quelques répliques navrantes, dont l'énormité est sans doute censé faire rire, il n'y a pas une seule séquence du film qui arrive à traduire sa cible idéologique par des moyens cinématographiques adéquats. Le fond est atteint, lorsque tout le monde se met à canarder pendant le mariage final, mais même auparavant le ton n'est juste à aucun moment.
Néanmoins, War Inc. fait partie de ces navets, qui sont tellement mauvais, que leur vision amuse plus qu'elle n'ennuie. Toujours aux aguets du prochain faux pas et des choses à ne pas faire, tout en étant sensible au charme de Marisa Tomei qui est la seule comédienne à s'en sortir à peu près indemne de ce désastre filmique, nous n'irions toutefois pas jusqu'à vous conseiller un tel gâchis de temps et d'argent.
Vu le 28 avril 2009, à la Salle Pathé Lamennais, en VO