Noise
Réalisé par Henry Bean (2009)
| Durée | 91 minutes |
| Sortie | 25/11/2009 |
| Note | 6/10 |
L'avocat David Owen ne supporte plus le bruit de la ville de New York, où il habite depuis quelques années avec sa femme Helen et sa fille Chris. Ce sont surtout les alarmes de voitures intempestives qui l'insupportent. Pour remédier à cette agression par le vacarme, il choisit d'abord la voie douce, en traînant les propriétaires devant les tribunaux impassibles ou en crevant leurs pneus. Mais faute d'apaisement personnel et de silence, David Owen opte finalement pour la manière forte : il devient le Rectificateur, qui éteint lui-même les alarmes sans se laisser intimider par le respect de la propriété privée. Son action sur plusieurs centaines de véhicules ne tarde pas à intéresser les médias, ainsi que le maire Schneer qui menera sa propre croisade contre ce vandale militant.
La critique
Par Tootpadu 05/11/2009
Car avant d'être un citadin frustré et horrifié par sa propre impuissance, le protagoniste de Noise est l'homme qui ose péter un plomb pour la bonne cause, peu importe les conséquences. Son déclin social est accompagné par une prise de confiance et d'assurance en la validité de sa mission, qui relativise tous les sacrifices que la lutte armée contre les sources de bruit inutile lui coûte. Naturellement, son extrémisme et son intransigeance se voient tôt ou tard freinés, soit parce que l'accomplissement de son but initial clôt le cycle de la résistance, soit à cause de la nature indépendante, mais pas tout à fait iconoclaste du film, qui le laisse au mieux entr'apercevoir où la spirale de la contestation ininterrompue le menerait. Le recul avec lequel le réalisateur Henry Bean, autrefois aussi impliqué dans le démontage des alarmes que son héros, observe ce dernier permet alors d'en tirer l'essentiel : que chaque tentative de révolte contre le statu quo est a priori vouée à l'échec, mais que cela ne veut pas pour autant dire qu'il faut croiser les bras et ne rien faire. Plus que jamais, la pureté de l'engagement l'emporte sur l'illusion d'un but idéalisé à atteindre.
Le ton gentiment irrévérencieux à travers lequel Henry Bean nous transmet son conte des temps modernes est pour beaucoup dans la réussite indéniable de son film, modeste mais loin d'être insignifiant. Il fait passer aussi aisément les quelques envolées philosophiques dans l'esprit de Hegel, qu'un bagage formel conséquent, qui aurait pu paraître encombrant dans des circonstances moins favorables. Rien ni personne n'est complètement pris au sérieux dans cette histoire, qui atteint l'équilibre rare et précieux entre le divertissement intelligent et un message important, dont les différentes facettes sont exposées sans affection.
Vu le 5 novembre 2009, au Club Publicis, en VO