Infiltration
Réalisé par Dover Kosashvili (2011)
Guerre
| Durée | 122 minutes |
| Sortie | 25/05/2011 |
| Note | 6/10 |
En 1956, alors que le jeune état d’Israël doit se défendre contre les attaques venues de l’extérieur, un groupe de jeunes hommes présentant des troubles mentaux ou des insuffisances physiques sont incorporés dans la section 4. Ils doivent y suivre pendant quelques semaines un entraînement rigoureux, qui leur permettra d’occuper à terme des postes subalternes au sein de l’armée.
La critique
Par Tootpadu 12/04/2011
Le réalisateur israélien, d’origine géorgienne, Dover Kosashvili détient visiblement le secret des films face auxquels on ne sait jamais trop s’il faut pleurer ou rire. Après la comédie familiale à l’humour corsé Cadeau du ciel, son dernier film à sortir en France, voici une autre tragédie aux accents satiriques. En effet, celle-ci n’est pas prête à se ranger docilement entre les autres représentants du sous-genre de l’instruction militaire, de tout ce qui a le mot « bidasse » dans le titre, en passant par la première partie de Full metal jacket de Stanley Kubrick, jusqu’à Tigerland de Joel Schumacher. Il y a quelque chose de férocement inclassable dans Infiltration, qui se dérobe simultanément à la critique cinglante de l’armée et à l’absurdité du contexte dans lequel les personnages se trouvent presque malgré eux.
Dans un pays ordinaire et en temps de paix, tous ces individus mal intégrés auraient certainement été exemptés, puisqu’ils constituent un grain de sable gênant dans le mécanisme de la machine à tuer que les forces armées sont par définition, peu importe où ils interviennent. La narration agréablement imprévisible ne perd jamais tout à fait de vue le côté insensé, voire inutile, de l’entreprise de faire de ces électrons libres et peu performants une unité qui ne ferait pas honte à la nation assaillie. En même temps, leur comportement indiscipliné – quelque part entre de la fainéantise assumée et des troubles sociaux qui les mettent à l’écart de l’idéalisme ambiant – ne provoque aucune pitié de la part d’une mise en scène, qui se garde consciencieusement de prendre parti pour les recrues récalcitrantes ou leurs instructeurs nullement plus motivés pour mettre de l’ordre dans cette bande d’exclus.
Les nombreuses inégalités du ton sont ainsi en fin de compte un avantage indéniable pour cette mise en cause subtile de l’absurdité de la guerre, sous sa forme la plus dégradante et humiliante, c’est-à-dire l’incorporation de force d’hommes inaptes au combat. Les traits physiques assez particuliers de la plupart des comédiens retenus apporte en plus une touche d’étrangeté dans la tradition de La Monstrueuse parade de Tod Browning, à savoir une mise en spectacle de parias, qui en dit plus long sur la civilisation perverse qui les a mis dans cette situation embarrassante que sur leur propre infirmité physique ou mentale.
Dans un pays ordinaire et en temps de paix, tous ces individus mal intégrés auraient certainement été exemptés, puisqu’ils constituent un grain de sable gênant dans le mécanisme de la machine à tuer que les forces armées sont par définition, peu importe où ils interviennent. La narration agréablement imprévisible ne perd jamais tout à fait de vue le côté insensé, voire inutile, de l’entreprise de faire de ces électrons libres et peu performants une unité qui ne ferait pas honte à la nation assaillie. En même temps, leur comportement indiscipliné – quelque part entre de la fainéantise assumée et des troubles sociaux qui les mettent à l’écart de l’idéalisme ambiant – ne provoque aucune pitié de la part d’une mise en scène, qui se garde consciencieusement de prendre parti pour les recrues récalcitrantes ou leurs instructeurs nullement plus motivés pour mettre de l’ordre dans cette bande d’exclus.
Les nombreuses inégalités du ton sont ainsi en fin de compte un avantage indéniable pour cette mise en cause subtile de l’absurdité de la guerre, sous sa forme la plus dégradante et humiliante, c’est-à-dire l’incorporation de force d’hommes inaptes au combat. Les traits physiques assez particuliers de la plupart des comédiens retenus apporte en plus une touche d’étrangeté dans la tradition de La Monstrueuse parade de Tod Browning, à savoir une mise en spectacle de parias, qui en dit plus long sur la civilisation perverse qui les a mis dans cette situation embarrassante que sur leur propre infirmité physique ou mentale.
Vu le 12 avril 2011, au Club de l'Etoile, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10