Source code
Réalisé par Duncan Jones (2011)
| Durée | 93 minutes |
| Sortie | 20/04/2011 |
| Note | 6/10 |
Le colonel Colter Stevens, encore récemment stationné en Afghanistan, se réveille dans un train de banlieue, en route pour Chicago. Il ne reconnaît personne à bord, alors que d’autres passagers le prennent pour un professeur qui emprunte ce trajet de manière quotidienne. Pendant que Colter essaye de venir à bout de cette méprise mystérieuse, le train explose suite à un attentat terroriste. Propulsé dans un caisson qui n’est relié au monde extérieur que par un écran de contrôle, Colter apprend qu’il fait partie de la mission « Château assiégé ». Son rôle consiste à identifier le poseur de la bombe et à éviter ainsi un autre attentat plus meurtrier. Car Colter est infiltré à volonté dans les huit dernières minutes des souvenirs d’une des victimes de la catastrophe, qui a eu lieu quelques heures auparavant.
La critique
Par Tootpadu 31/03/2011
La manipulation de la pensée s’impose de facto comme l’un des sujets phares des préoccupations narratives de Duncan Jones. Pour notre plus grand bonheur, l’édifice mentale dans laquelle le réalisateur nous entraîne ici, afin d’y brouiller nos repères du temps et de l’espace, est une fois de plus construite d’une façon passionnante. Le dispositif pas tout neuf du voyage dans le passé y est employé à bon escient, sans trop révéler de la véritable interrogation de Source code par rapport au protagoniste, avant la conclusion satisfaisante. L’intrigue risque certes de n’être perçue que comme un jeu psychologique sans incidence sur la vie réelle. Mais c’est à une évasion plutôt sophistiquée que ce film réussi nous invite, sans négliger l’appréhension prépondérante de notre époque, quant à la menace permanente d’attentats terroristes, perpétrés par des énergumènes plus ou moins illuminés.
Deux options s’offrent désormais au parcours jusqu’à présent sans faute de Duncan Jones : soit il poursuit dans cette niche des puzzles mentaux jusqu’à ce que le scénario d’un projet futur ne soit plus à la hauteur des précédents et qu’il fasse apparaître les limitations de son style guère mis à l’épreuve pour l’instant, soit il va voir plus loin que sa chasse gardée pour explorer des terrains cinématographiques plus variés. Espérons que ce jeune talent prometteur choisit avec la même sagesse ses films à venir, que celle qui l’a guidé pour faire de cette histoire potentiellement trop complexe un divertissement de haut vol, quasiment irréprochable.
Vu le 29 mars 2011, au Club Marbeuf, en VO