Revenge
Réalisé par Susanne Bier (2011)
| Durée | 118 minutes |
| Sortie | 16/03/2011 |
| Note | 6/10 |
Après le décès de sa mère suite à un cancer, le jeune Christian revient au Danemark pour y vivre avec son père. A l’école, il se lie d’amitié avec Elias, un garçon traumatisé par le divorce imminent de ses parents et par les actes de vandalisme et les attaques que les autres élèves lui font subir jour après jour. Convaincu qu’il faut frapper plus fort que son adversaire pour se faire respecter, Christian riposte violemment au bizutage. Lorsque le père d’Elias, un médecin qui travaille dans un camp de réfugiés en Afrique, tombe victime d’une altercation avec le parent d’un autre enfant et qu’il refuse de répondre à cet affront, Christian promet à son ami de mener une vengeance cinglante contre l’agresseur.
La critique
Par Tootpadu 10/03/2011
L’enfance n’est plus un havre de paix et d’insouciance ici. Elle est au contraire la première étape d’une existence, qui se soldera tôt ou tard par la disparition de l’amour, symbolisée par l’anéantissement du couple parental de Christian et d’Elias. Les épreuves que ces deux garçons doivent traverser les propulsent précipitamment dans l’âge adulte, avec ses décisions épineuses et ses choix cornéliens. Même les parents n’y ont plus la sagesse infuse, puisque le refus initial de céder à la violence de la part du père d’Elias produit le résultat inverse, c’est-à-dire un engrenage d’actes de barbarie. Il y a certes un cheminement systématique de la part du scénario pour parvenir à tel ou tel message édifiant. Mais la mise en scène sait préserver un ton empreint de gravité et de résignation face à l’inéluctable, qui atténue considérablement la portée artificiellement vertueuse de l’histoire.
Même si les ficelles ne sont pas toujours cachées adroitement, la philosophie raisonnablement lucide du film est par conséquent sauve. Dans l’univers filmique de Susanne Bier, les rayons de soleil et d’espoir sont toujours aussi peu présents. Néanmoins, sa vision de l’humanité s’affine progressivement pour laisser apparaître côte à côte – derrière une couche de moins en moins épaisse de malheurs et de poncifs formels accumulés –, tout ce qu’il y a de plus désespérant et malgré tout de plus optimiste en chacun d’entre nous.
Vu le 1er mars 2011, au Club de l'Etoile, en VO