Vies privées de Pippa Lee (Les)
Réalisé par Rebecca Miller (2009)
| Durée | 99 minutes |
| Sortie | 11/11/2009 |
| Note | 7/10 |
Afin de permettre à son mari âgé, l'éditeur Herb Lee, de se reposer après trois infarctus consécutifs, Pippa Lee s'installe avec lui dans un quartier résidentiel tranquille. Désœuvrée et en proie aux souvenirs de son enfance difficile, en raison d'une mère dépressive, Pippa développe des crises de somnambulisme. Elle se demande alors ce qu'elle veut faire du reste de sa vie, quand elle fait la connaissance de Chris, le fils de sa voisine Dot fraîchement divorcé.
Les critiques
Par Mulder 14/09/2009
Quant à Robin Wright Penn, qui est venu illuminer de sa présence ce 35ème festival de Deauville, elle démontre une fois de plus qu'elle est non seulement une très belle femme, mais aussi une très grande actrice. La présence dans ce film d'un tel casting montre bien que ces actrices et acteurs ont senti le potentiel du film en en lisant le script.
Voir Keanu Reeves dans un film indépendant est tellement rare actuellement, que notre attention est immédiatement captée. Le rôle de looser qu'il interprète ici (son meilleur ami couche avec sa femme, il est licencié et contraint de revenir vivre chez sa mère) vient contrecarrer les rôles qu’il occupe ordinairement à l'écran.
Non seulement, ce film nous a émus, mais il a également réussi à nous faire rire par certaines situations. En s'appuyant sur un excellent scénario et un casting attrayant, la réalisatrice réussit à retenir notre attention tout au long de ce beau film. Je ne saurais trop vous conseiller de ne pas le rater lors de sa sortie.
Vu le 10 septembre 2009, au Morny Club, Salle 2, Deauville, en VO
Par Tootpadu 10/09/2009
Le véritable combat du film ne se trouve cependant pas dans un grand coup d'affirmation féministe. Son thème est bien plus universel, puisqu'il touche à la précarité de la vie, qui exige d'être réinventée à chaque moment. Le malaise existentiel de Pippa provient principalement de son état d'endormissement social. Son style de vie ne ressemble pas encore à de la léthargie, mais ses crises somnambules symbolisent assez clairement qu'il est temps pour elle de se réveiller et de réévaluer sa vie. Cette prise de conscience s'opère doucement, avec une énergie qui gronde longtemps à l'intérieur de cette femme mystérieuse, avant de surgir à la surface. Mais sa passivité ne freine pas pour autant le flux fort organique du film.
En effet, Rebecca Miller maîtrise une fois de plus l'échange constant entre l'exploration approfondie des personnages et les revirements sporadiques, mais efficaces. Elle nous prouve une fois de plus son talent dans la direction d'acteurs, puisque le compte est agréablement équilibré, et du côté féminin, avec la brillante interprétation de Robin Wright Penn et, dans des rôles plus anecdotiques, Maria Bello, Winona Ryder, Julianne Moore, et Monica Bellucci, et du côté masculin, avec Alan Arkin et Keanu Reeves, investis d'une vigueur qu'on ne leur connaissait guère. Le plus grand accomplissement des Vies privées de Pippa Lee se trouve exactement dans la consistance générale de tous les aspects d'une histoire parfois amusante et parfois triste, mais toujours consciente des exigences d'un film de qualité.
Vu le 10 septembre 2009, au Morny Club, Salle 2, Deauville, en VO