Qui a envie d'être aimé ?
Réalisé par Anne Giafferi (2011)
| Durée | 89 minutes |
| Sortie | 09/02/2011 |
| Note | 6/10 |
L’avocat Antoine mène une vie des plus ordinaires, entre sa carrière brillante et sa famille adorable. Convoqué par le professeur de son fils, qui a des difficultés mineures à l’école, Antoine reçoit quelques jours plus tard une invitation à un séminaire de catéchisme de la part de l’enseignant. Il ne prend pas très au sérieux cette proposition, mais s’y rend quand même par politesse. Ses réticences initiales face à l’enseignement de la foi catholique se dissipent au fur et à mesure de la concrétisation de son éveil spirituel. Mais comment annoncer à sa femme qu’il est en train de devenir croyant ?
La critique
Par Tootpadu 09/02/2011
Contrairement au film bosniaque, l’homme illuminé est au centre du premier film de Anne Giafferi. L’enjeu de l’intrigue ne repose par conséquent pas sur le rejet que son engagement mesuré dans la religion suscite auprès de son entourage, mais sur sa propre gêne à mettre en pratique une doctrine religieuse décriée dans son milieu aisé et prétendument éclairée. Tandis que le fanatisme islamique dans le film précité déclenche toutes sortes de peurs face à ces terroristes présumés, la curiosité envers le christianisme est davantage montrée comme une honte dans le cas présent. Pour Antoine, avouer qu’il se sent touché au plus profond de lui-même par ce qu’il conçoit comme la grâce divine, cela revient à s’exposer aux railleries de sa femme et de ses amis, qui n’interprètent sa foi que dans le contexte ringard, voire scandaleux, propre à cette institution archaïque qu’est l’église catholique.
De toute façon, Qui a envie d’être aimé ? ne prétend nullement avoir la sagesse et la supériorité morale infuses. L’enseignement du catéchisme prend en effet une place secondaire dans la structure narrative du film et est de surcroît montré sans la moindre emphase pour indiquer un éventuel moment d’inspiration suprême. C’est l’influence que ce cheminement spirituel a sur la vie quotidienne du protagoniste qui prime ici sur une quelconque démarche de zélateur illuminé. Eric Caravaca joue ainsi avec sa sobriété habituelle, toujours un peu distante et hésitante, cet homme qui doute plus qu’il n’exulte dans l’assurance d’une vérité et d’un amour absolus.
Ce sont donc avant tout les tons en demi-teinte qui rendent ce film aussi attachant. La réalisatrice ne cherche à juger ni les agissements en secret de son personnage principal, ni l’incompréhension quasiment généralisée que ceux-ci provoquent auprès de ses proches. Elle se fait davantage le chantre d’une affection familiale et spirituelle, qui ne cherche jamais à dynamiter le cadre de vie préservé dans lequel Antoine évolue en tâtonnant.
Vu le 1er février 2011, à la Salle Pathé Lamennais